Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Sadaoui, a assuré hier que «tout est mis en œuvre pour la réussite et la sécurisation de l’épreuve du BEM» qui a débuté hier pour les 826 970 candidats inscrits insistant sur «l’égalité des chances» entre les élèves, quelles que soient leurs conditions.
En effet, après un an de préparation, les candidats qu’ils soient scolarisés ou libres, ont répondu hier matin aux sujets de langue arabe. Les premières réactions des élèves, et des partants, interrogés aux abords de collèges d’Alger Centre, laissent apparaître des sentiments très variables. Les questions étaient «relativement difficiles» selon certains, d’autres au contraire expliquent avoir répondu «sans trop d’hésitation ou de craintes».
En marge du lancement hier des épreuves au CEM Mohamed Boudiaf de Ghardaïa, le ministre a invité les candidats à éviter toutes les sources de stress, et notamment les commentaires et les éventuels faux sujets publiés sur les réseaux sociaux. «Nous appelons les élèves à se concentrer sur leurs examens en se basant uniquement sur leurs connaissances et leur préparation», a-t-il lancé. Le ministre a, en outre, expliqué que tout a été mis en œuvre afin de garantir «l’égalité des chances entre les candidats». Que ce soit pour les «814 523 élèves scolarisés», les «12 447 candidats libres», ou encore les «1 582 candidats aux besoins spécifiques». À ce propos, Mohamed Seghir Sadaoui a fait savoir que des «mesures spéciales» ont été prises, notamment pour les élèves malades ou hospitalisés «dans l’incapacité de se déplacer». Ou encore pour les «enfants de la communauté algérienne à l’étranger fraîchement rentrés au pays».
Certains, précise le ministre, «peuvent avoir des difficultés lors de l’usage de la langue nationale». «Ils continuent d’apprendre la langue arabe, c’est pour cela qu’ils peuvent bénéficier de sujet adaptés selon leurs situations, et selon la réglementation sur l’organisation des examens», a-t-il précisé. S’agissant de la lutte contre les tentatives de triche, le ministre de l’Education nationale prévient que le secteur veillera à faire appliquer la réglementation. «Les candidats ne peuvent entrer dans les centres d’examen qu’avec leurs documents d’identité, et leurs stylos pour les réponses (…) les mesures sont strictes, les élèves les connaissent, aucun téléphone et aucune autre feuille n’est autorisée», a-t-il affirmé. En cas de non-respect des règles, ajoute Mohamed Seghir Sadaoui «si un candidat triche ou est complice de la triche, la loi sera appliquée. Les peines sont importantes. Mais bien sûr, nous ne voulons pas en arriver là».
Des réformes pour «améliorer la qualité de l’enseignement»
Et de manière plus large, le déplacement du ministre à Ghardaïa a aussi été l’occasion de répondre aux questions des journalistes. Ainsi concernant la réforme des programmes et du mode d’évaluation des élèves du primaire, Mohamed Seghir Sadaoui explique que le secteur prépare «une évaluation» des décisions des dernières années. Concrètement, le ministre explique que le «système d’évaluation des acquis devra subir une première évaluation», en associant les enseignants et l’inspecteur. Le ministre, sans donner d’échéances, ajoute que le secteur «a pour principe de toujours conserver les outils qui apportent un plus à la qualité de l’enseignement». Le système d’évaluation des acquis pourrait en ce sens être «renforcé si nécessaire (…) mais s’il apparaît que d’autres mécanismes sont meilleurs nous les adopterons aussi», a-t-il soutenu. Sur un autre plan, le ministre de l’Education a fait savoir que l’allègement des programmes des classes de troisième année primaire sera effectif dès la prochaine rentrée. «La Commission nationale pour la qualité de l’enseignement a travaillé sur l’allégement des programmes de 3e année. Nous mettrons en œuvre son travail lors de la prochaine rentrée», a-t-il fait savoir. Par la suite cette même commission d’experts «travaillera sur les programmes de 4e et 5e année, avant d’aborder les programmes du collège», a précisé le ministre.
Par ailleurs, Mohamed Seghir Sadaoui est revenu sur le programme de renforcement des infrastructures scolaires. Le ministre, qui avait annoncé jeudi dernier que le secteur attend la réception de 497 écoles primaires, 234 collèges et 112 lycées avant la prochaine rentrée scolaire, a insisté sur la nécessité de respecter les normes. «Il est impossible de garantir la qualité de l’enseignement si les écoles sont surchargées (…) mais les établissements doivent aussi répondre aux normes. Nos écoles doivent être prêtes pour le passage au numérique… », a-t-il dit.
Ce dernier point est en ce sens présenté comme l’un des axes de la politique visant au renforcement du secteur. Et il faudra aussi, ajoute le ministre, que «chaque matière soit enseignée par un professeur spécialisé (…) c’est pour cela que nous travaillons au renforcement du nombre des Écoles supérieurs des professeurs».
Nadir K.
