L’ANPP alerte sur un produit présenté comme du Dysport après le signalement d’effets indésirables graves
L’Agence nationale des produits pharmaceutiques vient de lancer une alerte qui mérite toute l’attention des professionnels de santé et du grand public. Dans une note officielle datée du 5 octobre 2026, l’ANPP signale un cas de pharmacovigilance impliquant des effets indésirables graves après l’utilisation d’un produit présenté comme étant du Dysport, une toxine botulinique de type A.
Le produit incriminé porte le numéro de lot S05061, avec la mention 02/2028. Son conditionnement le présente comme fabriqué par IPSEN Biopharm Ltd, au Royaume-Uni.
Mais c’est précisément là que l’alerte devient préoccupante.
Selon les informations communiquées par l’ANPP, ce lot n’a pas été fabriqué par le site de production IPSEN. Il n’aurait pas davantage fait l’objet d’une libération de lot par les services compétents de l’Agence. Des anomalies auraient également été constatées sur le QR code figurant sur son conditionnement.
L’ANPP qualifie par conséquent le produit de « source inconnue » et évoque explicitement une « suspicion de falsification ».
Autre élément relevé par l’autorité sanitaire, le produit aurait été utilisé hors de ses indications thérapeutiques.
L’Agence appelle ainsi les professionnels de santé à la plus grande vigilance concernant l’acquisition, la détention et l’utilisation de ce produit. Elle rappelle également que son utilisation est strictement réservée à un usage hospitalier, conformément à sa décision d’enregistrement.
L’affaire dépasse donc la simple anomalie d’emballage. Elle pose une question beaucoup plus préoccupante : comment un produit injectable dont l’origine est inconnue et dont le lot n’est pas reconnu par le fabricant présumé a-t-il pu parvenir jusqu’à un utilisateur ?
Cette interrogation renvoie directement à la traçabilité des médicaments, aux circuits d’approvisionnement et aux mécanismes de contrôle permettant de détecter d’éventuels produits falsifiés avant leur utilisation.
Le signalement d’effets indésirables graves donne à cette affaire une dimension sanitaire particulière. Il ne s’agit plus seulement de savoir si un emballage ou un QR code est conforme, mais de déterminer l’origine du produit, son contenu réel, son parcours et les conditions dans lesquelles il a été administré.
La prudence reste cependant indispensable. L’alerte de l’ANPP ne concerne pas l’ensemble du Dysport commercialisé ni les produits authentiques fabriqués par Ipsen. Elle vise précisément le produit identifié sous le numéro de lot S05061 et présenté comme étant du Dysport.
Une distinction capitale pour informer sans provoquer une inquiétude injustifiée chez les patients ayant reçu un produit provenant des circuits réguliers.
Reste désormais la question centrale.
D’où vient ce lot S05061 ? Par quel circuit est-il entré sur le marché ? Qui l’a acquis, distribué et utilisé ?
Autant de questions auxquelles l’enquête devra apporter des réponses. Car derrière la suspicion de falsification d’un médicament injectable se profile un enjeu beaucoup plus large : celui de la sécurité de la chaîne pharmaceutique et de la protection des patients.
Crésus
