«L’Algérie demeure pleinement engagée à contribuer à la concrétisation des priorités qui constituent le socle de ce partenariat, dans toutes ses dimensions politiques, sécuritaires, économiques et sociales».
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a participé au Caire aux travaux de la deuxième session du Forum de partenariat Afrique-Russie au niveau ministériel, au cours de laquelle il a réaffirmé l’engagement de l’Algérie en faveur du renforcement de cette coopération stratégique.
Dans son intervention, le chef de la diplomatie algérienne a d’abord exprimé sa reconnaissance à l’Égypte et à la Russie, déclarant: «Je remercie nos frères égyptiens pour l’accueil chaleureux et l’attention particulière dont nous avons bénéficié, ainsi que nos amis russes pour leur engagement à assurer la réussite de ce rendez-vous africano-russe d’une grande importance. »
Un partenariat aligné sur l’Agenda africain 2063
Il a souligné, selon un communiqué du ministère, que cette rencontre constitue une nouvelle étape dans la consolidation du partenariat Afrique-Russie russe. «Nous nous réunissons aujourd’hui afin de poser une nouvelle pierre à l’édifice du partenariat africano-russe, un partenariat dont nous sommes profondément fiers de l’histoire glorieuse, du présent singulier et des perspectives futures prometteuses», a déclaré le chef de la diplomatie algérienne. Ahmed Attaf a réaffirmé l’attachement de l’Algérie aux priorités fondatrices de ce partenariat.
«L’Algérie demeure pleinement engagée à contribuer à la concrétisation des priorités qui constituent le socle de ce partenariat, des priorités qui s’inscrivent, tant dans la forme que dans le fond, dans les objectifs de l’Agenda africain 2063, dans toutes ses dimensions politiques, sécuritaires, économiques et sociales», a-t-il indiqué.
Décolonisation : une priorité politique
Sur le plan politique, le ministre d’État a mis en avant la nécessité d’un consensus entre la Russie et l’Afrique pour parachever le processus de décolonisation.
«La convergence africano-russe est essentielle pour contribuer à au parachèvement du processus de décolonisation, notamment sur le continent africain», a-t-il souligné rappelant à ce propos, l’initiative algérienne en matière de criminalisation du colonialisme. Il a tenu à souligner dans la foulée que « l’Algérie, qui a récemment abrité une conférence internationale consacrée à la criminalisation juridique du colonialisme, soutient fermement l’instauration d’une Journée internationale de lutte contre ce fléau odieux, qui n’a sa place ni dans le monde d’aujourd’hui ni dans celui de demain».
Sécurité : priorité aux solutions africaines
Abordant les enjeux sécuritaires, Ahmed Attaf s’est félicité du «renouvellement de l’engagement africano-russe en faveur du principe des solutions africaines aux problèmes africains, dans un contexte marqué par l’aggravation des menaces terroristes et la multiplication des foyers de tension et de conflit». Il a précisé que cette coopération doit viser en priorité le renforcement des capacités nationales, «le rejet des ingérences extérieures et la promotion des approches politiques et des solutions pacifiques».
Défis économiques et technologiques
Sur le plan économique, le ministre d’État s’est félicité de la progression des échanges commerciaux entre l’Afrique et la Russie. «À l’approche de l’horizon 2030, il est impératif de permettre aux pays africains de rattraper leur retard dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) », mettant en garde contre le risque de marginalisation du continent face aux mutations technologiques.
Il a dans ce sens appelé à œuvrer conjointement pour éviter «que l’Afrique ne soit distancée par les révolutions en cours dans les domaines du numérique, de la robotique, de l’intelligence artificielle, des nanotechnologies et des énergies renouvelables».
Gouvernance mondiale et représentation de l’Afrique
Enfin, s’agissant de la gouvernance institutionnelle mondiale, Ahmed Attaf a salué la convergence entre l’Afrique et la Russie en faveur d’une représentation plus équitable de l’Afrique, affirmant.
«L’Algérie salue les efforts visant à garantir une représentation plus juste de l’Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’un renforcement de la présence du continent africain au sein des institutions financières, monétaires et commerciales internationales», a-t-il affirmé.
Sur la base de ces convergences stratégiques, souligne-t-il, et dans un monde «marqué par l’érosion des valeurs, le déséquilibre des rapports et le recul des normes et des règles», l’Algérie estime que ce partenariat «a atteint un degré de maturité lui permettant de constituer un levier essentiel dans la construction d’un ordre international plus juste et plus équitable», a souligné Attaf.
Un ordre «fondé sur le droit international comme arbitre impartial plaçant toutes les nations sur un pied d’égalité», et qui repose a-t-il affirmé sur «le multilatéralisme comme démarche participative n’excluant aucune nation, et un ordre qui élève notre Organisation des Nations unies en tant qu’espace fédérateur pour la résolution des différends et l’unification des efforts et des initiatives en vue de réaliser la paix, la sécurité et la prospérité pour tous, sans exception, sans sélection et sans discrimination».
A.I
