Le président américain a signé, jeudi soir, le décret imposant des surtaxes comprises entre 10 et 41% à de nombreux pays, dont l’Algérie. Ils prendront cependant effet le 7 août, et non vendredi 1er août comme attendu initialement, a annoncé un haut responsable américain. Ce délai de sept jours avant l’entrée en vigueur effective, est prévu afin de permettre aux douanes de s’organiser, a indiqué le responsable à la presse. Les nouveaux droits de douane s’échelonnent entre 10% et 41%, les plus élevés concernant la Syrie, alors que l’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud se voient appliquer une surtaxe de 15%, une mesure qui vise à «restructurer le commerce mondial au bénéfice des travailleurs américains», assure la Maison-Blanche dans un document. Selon les précisions de la Maison-Blanche vendredi, les nouveaux tarifs douaniers seront de 41% pour la Syrie, 35% pour l’Irak, 30% pour la Libye et l’Algérie, 25% pour la Tunisie et 15% pour la Jordanie. D’autres pays sont également concernés, parmi lesquels la Turquie, le Venezuela, le Cameroun et l’entité sioniste, avec une taxe de 15%. Les produits canadiens, eux, passeront de 25% à 35%.
L’Afrique du Sud sera soumise à 30%, la Suisse à 39%, le Pakistan à 19%, et le Bangladesh à 20%. Cette mesure unilatérale concerne un grand nombre de partenaires commerciaux des États-Unis et pourrait influencer les échanges internationaux. Dans le détail, l’administration Trump se montre particulièrement ferme avec certains pays. Quelques États se retrouvant à un taux plus élevé, à l’image de l’Afrique du Sud, à 30%, la Serbie, à 35%. Donald Trump impose jusque 50% de surtaxe douanière au Brésil, à l’exception de certains produits. Cette surtaxe fait office de représailles contre les poursuites visant l’ex-président Jair Bolsonaro, son allié d’extrême-droite, accusé d’avoir tenté un coup d’État après sa défaite lors de l’élection de 2022. De manière générale, tous les pays n’ayant pas réussi à se mettre d’accord avec Washington voient les droits de douane appliqués à leurs produits s’échelonner entre 10% et 41%. Un pays, au moins, échappe à une hausse douanière du 7 août : Donald Trump a annoncé jeudi avoir prolongé de 90 jours les droits de douane actuellement imposés au Mexique, ce qui revient à les maintenir à 25% sur les produits entrant aux États-Unis en dehors de l’accord de libre-échange nord-américain (ACEUM). En revanche, pas de détente en vue avec le Canada, qui voit au contraire les droits de douane appliqués à ses produits passer de 25% à 35%, une taxe qui ne concerne, là non plus, que les produits ne transitant pas dans le cadre de l’ACEUM. «Le Canada n’a pas été en mesure de coopérer afin de réduire le flot de Fentanyl et autres drogues», entrant aux États-Unis, a regretté la Maison-Blanche dans un document, pour justifier cette décision, «et il a pris des mesures de représailles contre les États-Unis».
L’Inde voit, elle, ses produits être taxés à 25%, auxquels s’ajoutera une «pénalité», car le pays achète du pétrole russe. «Peu m’importe ce que l’Inde fait avec la Russie. Ils peuvent faire sombrer leurs économies mortes ensemble, pour ce que ça m’importe», a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. «Nous avons fait très peu d’affaires avec l’Inde, leurs droits de douane sont trop élevés, parmi les plus élevés au monde», a-t-il ajouté. Coïncidence du calendrier, une Cour d’appel fédérale a commencé jeudi à Washington à examiner un appel devant déterminer si Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant ces surtaxes sans l’approbation du Congrès. Cela concerne les droits de douane quasiment universels, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas imposés à un secteur particulier comme l’automobile ou l’acier.
L’avocat des plaignants, des petites entreprises ainsi qu’une dizaine d’États américains, a notamment dénoncé «un accaparement de pouvoir sans précédent de la part d’un président en 200 ans», tandis que la plupart des juges de la cour d’appel ont laissé entrevoir leur scepticisme face aux arguments du gouvernement. La Maison-Blanche a déjà promis de saisir la Cour suprême si la décision lui était défavorable. Pour l’Algérie, la taxe de 30% représente un défi supplémentaire dans un contexte où elle cherche à diversifier ses marchés d’exportation.
R.E.
