Le projet algéro-tunisien de réalisation d’une centrale électrique à cycle combiné d’une capacité de 1.400 mW franchit une nouvelle étape. Une délégation technique tunisienne est attendue prochainement en Algérie pour examiner les modalités concrètes de sa mise en œuvre.
Le ministre tunisien de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, a annoncé cette évolution, jeudi, à Alger, en marge de la deuxième réunion ministérielle consacrée au corridor Sud de l’hydrogène SoutH2.
Selon le ministre, les deux parties sont convenues d’engager les démarches nécessaires à la réalisation de la centrale dans «les meilleurs délais». Le montant de l’investissement sera arrêté ultérieurement.
Le projet avait été évoqué officiellement dès le 24 mai 2026, lors d’une rencontre à Alger entre le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et une délégation de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), conduite par son PDG Fayçal Trifa. Les discussions avaient également porté sur l’approvisionnement de la Tunisie en électricité et sur l’interconnexion électrique entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye.
La nouvelle annonce marque ainsi le passage d’une phase de discussions à une étape davantage opérationnelle. Plusieurs paramètres restent toutefois à préciser, notamment le site d’implantation, le coût du projet, son montage financier, la répartition des responsabilités entre les partenaires et le calendrier de mise en service.
Cette initiative intervient alors que la Tunisie cherche à renforcer la sécurité de son approvisionnement électrique. Durant l’été 2026, le pays a connu plusieurs épisodes de délestage liés aux tensions sur son système électrique. Les importations d’électricité, principalement en provenance d’Algérie, représentaient environ 9% des besoins tunisiens à fin mai, avant d’atteindre près de 10% à fin juillet, selon des données énergétiques rapportées par les médias tunisiens.
Avec une capacité de 1.400 mW, la future centrale pourrait à terme renforcer significativement les capacités de production tunisiennes et contribuer à sécuriser l’alimentation du réseau durant les périodes de forte demande. Elle ne constitue toutefois pas une réponse immédiate aux tensions de l’été, sa réalisation nécessitant encore plusieurs étapes techniques et administratives.
En parallèle, Alger, Tunis et Tripoli travaillent à l’accélération du projet d’interconnexion électrique tripartite, destiné notamment à renforcer la stabilité des réseaux et à faciliter les échanges d’électricité lors des périodes de pointe.
La coopération énergétique entre l’Algérie et la Tunisie repose également sur le transit du gaz algérien vers l’Italie via le gazoduc Transmed. La Tunisie perçoit une redevance de transit sous forme de gaz ou d’équivalent financier. Ce mécanisme contribue à son approvisionnement en gaz naturel et constitue également une source de recettes pour le pays.
H. Adryen
