La commission de la santé de l’Assemblée populaire nationale a passé au crible les programmes du secteur.
Dans le cadre du suivi des programmes sectoriels, la commission de la santé de l’Assemblée populaire nationale a auditionné, hier, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït- Messaoudène.
À l’ouverture des travaux, le président de la commission a salué les efforts importants déployés par l’État pour renforcer la sécurité sanitaire et améliorer la qualité des services offerts aux citoyens. Il a insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux des programmes et du développement du système de santé dans l’intérêt général.
Des objectifs stratégiques axés sur la prévention et la proximité
Le ministre de la Santé a indiqué que le gouvernement œuvre à l’élargissement de la couverture sanitaire et à l’amélioration des prestations médicales. Selon lui, ces mesures visent à rapprocher les services des citoyens et à renforcer la qualité de la prise en charge à l’échelle nationale.
Il a ensuite présenté les axes stratégiques du secteur, en mettant l’accent d’abord sur la prévention, notamment par le développement du système d’information sanitaire et de la surveillance épidémiologique. Il a également évoqué la création de registres nationaux des maladies chroniques et transmissibles, ainsi que le suivi des risques sanitaires aux points d’entrée.
En matière de santé de proximité, le ministre a annoncé l’augmentation du nombre de polycliniques ouvertes 24eures sur 24, le renforcement des soins à domicile et le déploiement d’équipes médicales mobiles, en particulier dans les zones enclavées.
Nouveaux centres et équipements de pointe
Concernant les soins spécialisés, il a annoncé la création de deux centres hospitalo-universitaires et le renforcement des programmes de prise en charge des maladies cardiovasculaires, des accidents vasculaires cérébraux, du pied diabétique, des transplantations d’organes et du cancer. Le développement de la chimiothérapie et de la radiothérapie, ainsi que l’acquisition d’équipements et de générateurs de dernière génération, figurent parmi les priorités.
Au volet ressources humaines, le ministère mise sur la formation de médecins spécialistes, le renforcement de la formation initiale des personnels paramédicaux et des cadres gestionnaires, ainsi que l’amélioration des conditions de travail des professionnels de la santé.
Vers un système médical connecté
La transformation numérique occupe une place centrale dans la stratégie du secteur. Le ministre a annoncé la généralisation du dossier médical électronique, la numérisation des services d’urgence et des consultations, ainsi que la création de plateformes numériques pour la gestion des dossiers médicaux. L’utilisation de l’intelligence artificielle en imagerie médicale et le lancement d’une application mobile dédiée au suivi du dossier de santé, à la prise de rendez-vous et à la téléconsultation ont également été évoqués.
Des lacunes persistantes
Les membres de la commission ont, pour leur part, relevé plusieurs défis persistants. Ils ont notamment dénoncé le manque de médecins spécialistes et de personnels paramédicaux, ainsi que la fuite des compétences vers l’étranger, appelant à des mesures incitatives pour retenir les professionnels.
Les parlementaires ont également évoqué la surcharge des structures hospitalières, les délais d’attente trop longs pour les consultations et les urgences, ainsi que le déficit d’infrastructures et d’équipements dans certaines régions. Le déséquilibre dans la répartition géographique des services de santé a aussi été souligné.
Des propositions pour désengorger les hôpitaux
Les députés ont proposé l’élaboration d’un plan visant à réduire la pression sur les hôpitaux du centre du pays, l’amélioration des conditions d’accueil et de prise en charge dans les services d’urgence, ainsi que l’incitation des médecins à exercer dans les zones éloignées. Ils ont également insisté sur la construction de nouvelles structures de santé, la maintenance des équipements existants et la prise en compte des besoins locaux.
Cette réunion s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de moderniser le système de santé et d’assurer une prise en charge équitable, efficace et de qualité pour tous les citoyens.
I. Khermane
