Le gouvernement a décidé de renforcer le cadre légal des compléments alimentaires, un marché en pleine expansion mais peu encadré, exposant les consommateurs à des risques graves pour la santé.
Le marché des compléments alimentaires en Algérie est en pleine expansion, proposant une large gamme de produits importés et locaux. Utilisés pour renforcer l’immunité, améliorer les performances physiques ou même à des fins esthétiques, ils sont particulièrement prisés sur les réseaux sociaux, souvent hors du cadre réglementaire. Mais derrière cette popularité se cachent des risques sérieux pour la santé publique.
Des cas d’intoxication par excès de vitamines ont été récemment signalés, révélant un vide juridique préoccupant. Pour faire face, les pouvoirs publics ont décidé de prendre le taureau par les cornes. En effet, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé, hier, une réunion du gouvernement. Une réunion consacrée à plusieurs dossiers, notamment les compliments alimentaires.
«Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, le gouvernement a examiné un projet de décret exécutif fixant les spécifications techniques des compléments alimentaires destinés à la consommation humaine et leur encadrement», indique un communiqué des services du Premier ministère. Une manière de proposer des mesures à même d’encadrer également ce marché florissant. D’autant que le principal danger réside dans «les additifs d’origine inconnue», alors que ces produits sont classés comme aliments à consommation particulière. En outre, l’actuelle législation s’appuie sur des textes généraux, lois sur la protection du consommateur, la santé publique, décrets relatifs à l’hygiène et à l’étiquetage, qui ne tiennent pas compte de la spécificité des compléments alimentaires, situés à la frontière entre alimentation et médicament.
Cette situation favorise plusieurs dérives : commercialisation de produits non contrôlés, circulation de compléments d’origine inconnue sur des circuits parallèles et publicités trompeuses présentant ces produits comme des solutions miracles pour des maladies chroniques telles que le diabète ou l’obésité. Les conséquences peuvent être graves, avec des cas d’intoxication par excès de vitamines ou par ingestion de métaux lourds, ainsi que des interactions dangereuses avec certains médicaments, notamment chez les patients chroniques.
A titre d’exemple, les enquêteurs de la cellule de sécurité alimentaire, relevant du Service central opérationnel de lutte contre la criminalité organisée de la Gendarmerie nationale, ont mis fin, décembre 2025, aux activités d’un réseau criminel spécialisé dans la production et la commercialisation illégale d’un prétendu complément alimentaire dénommé Khaltat Al Soltane (Le mélange du Sultan). Un produit contenant de la Sidénafl. Un danger mortel pour les personnes souffrant de pathologies cardiaques ou vasculaires.
Mise en place d’un cadre juridique spécifique
Face à ces dangers et dérives, le gouvernement a décidé de mettre en place un cadre juridique spécifique, définissant les conditions de fabrication, de commercialisation et de contrôle des compléments alimentaires. «A ce titre, cette nouvelle réglementation détermine les spécifications techniques des compléments alimentaires destinés à la consommation humaine et fixe la liste des vitamines et sels minéraux autorisés et leurs doses maximales», précise le communiqué.
Dans le même carde, le gouvernement a examiné un projet de décret exécutif fixant les conditions et les modalités de motivation à l’identification et/ou à l’arrestation des auteurs des infractions relatives aux stupéfiants et aux substances psychotropes et/ou à mettre fin à l’infraction. «Ce projet de texte vise notamment à consolider les mécanismes de prévention, de dissuasion et de répression de l’usage et du trafic illicites des stupéfiants, en associant les différentes franges de la société dans une démarche inclusive, à travers l’octroi d’intéressements pécuniaires et autres, aux citoyens qui fournissent des informations permettant l’arrestation des auteurs de ces infractions», est-il mentionné.
Par ailleurs, le gouvernement a entendu une communication sur l’enseignement coranique dans le but d’organiser et de réguler cette activité, notamment en la soumettant à un cahier des charges.
Désactivation des 2e et3e générations
Enfin, le gouvernement a assisté à une présentation sur le processus de désactivation des réseaux de communications sans fil de deuxième et troisième générations en Algérie.
Depuis l’apparition et la diffusion des réseaux de quatrième et cinquième générations sur le marché national, l’arrêt des technologies de deuxième et troisième génération est devenu une nécessité absolue, a souligné le communiqué.
Cette nécessité est «justifiée par des raisons techniques et économiques, permettant notamment de libérer des ressources du spectre radioélectrique et de développer des réseaux de quatrième et cinquième générations plus avancés, d’une part, et de réduire les coûts de maintenance des équipements et de support des réseaux de deuxième et troisième générations, d’autre part», explique-t-on dans le document.
À cet effet, un plan d’action a été proposé pour la mise en œuvre progressive de la transition vers les nouveaux réseaux et pour l’arrêt complet des réseaux de deuxième et troisième génération d’ici à 2029.
Dans le même cadre, il est impératif d’accompagner ce développement technologique par la mise à niveau de la réglementation en vigueur afin de garantir la disponibilité des téléphones mobiles, tout en faisant face aux risques liés à la cybercriminalité et au fonctionnement des réseaux nationaux de télécommunications.
Synthèse Smail Rouha
