À l’approche des élections législatives prévues le 2 juillet 2026 en Algérie, la scène politique connaît une intensification notable des activités des différentes formations politiques, entre mobilisation interne, préparation des listes de candidatures et définition des stratégies électorales.
Plusieurs partis affichent leur volonté de s’imposer dans un scrutin qui pourrait redessiner partiellement la configuration de l’Assemblée populaire nationale (APN) lors de sa dixième législature.
Le RND ouvre le dépôt des candidatures
Dans ce contexte, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Monder Bouden, a annoncé l’ouverture officielle du dépôt des candidatures pour les militants de son parti, tout en précisant que cette démarche est également ouverte aux compétences externes. Le RND affirme ainsi son engagement dans la compétition électorale, qu’il considère comme un «prolongement des réformes politiques» engagées par les autorités publiques.
Le FLN structure sa stratégie électorale
De son côté, le Front de libération nationale (FLN) a installé, jeudi dernier, la commission nationale chargée de définir sa stratégie électorale. Selon son secrétaire général, Abdelkrim Benmbarek, cette structure comprend plusieurs sous-commissions, dont une dédiée aux candidatures et une autre à la sensibilisation électorale. Le FLN a également lancé une campagne visant à encourager l’inscription des jeunes sur les listes électorales, sous le slogan
«Les jeunes votent», tout en appelant à une forte mobilisation interne pour assurer le succès du parti lors du scrutin.
Le MSP mise sur l’organisation et la coordination
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), dirigé par Abdelali Hassani Cherif, a tenu plusieurs réunions de coordination afin de finaliser son programme électoral. Le parti insiste sur l’importance de l’unification des efforts et de la discipline organisationnelle, dans le but de présenter un programme intégré répondant aux attentes des citoyens et aux défis de la période.
Le Front des forces socialistes (FFS) a, pour sa part, annoncé la poursuite de son programme d’animation politique, avec l’organisation de conférences à Béjaïa et TiziOuzou, animées par son premier secrétaire national, Youcef Aouchiche. Cette activité s’inscrit dans une dynamique de proximité avec les citoyens et de préparation progressive à l’échéance électorale.
Cap sur le renouvellement
Le Mouvement El Bina et le Front El Moustakbal figurent également parmi les formations engagées dans les préparatifs, aux côtés du RND, du FLN, du MSP et du FFS, dans un paysage politique en pleine recomposition.
Par ailleurs, le parti SawtEchchaab, dirigé par Lamine Ousmani, se dit prêt à participer activement aux législatives. Le parti mise sur une nouvelle approche de communication et de mobilisation, axée sur la proximité avec les citoyens et le renouvellement du discours politique. Il ambitionne de jouer un rôle plus visible sur la scène nationale et de contribuer à la reconfiguration du paysage partisan.
Vers une recomposition du paysage politique
Le Parti des travailleurs (PT), le Mouvement Ennahda, ainsi que d’autres formations politiques ont également exprimé leur préparation pour ce rendez-vous électoral à travers des réunions internes et des déclarations de mobilisation.
Sur le plan organisationnel, plusieurs partis ont déjà mis en place leurs structures de campagne, leurs commissions électorales et leurs stratégies de communication. Les acteurs politiques insistent sur la nécessité de mobiliser leurs bases militantes, de sélectionner leurs candidats et de préparer des programmes capables de répondre aux préoccupations sociales et économiques.
Dans un environnement marqué par des réformes institutionnelles et électorales, les partis tentent de s’adapter aux nouvelles règles du jeu, notamment en matière de candidatures, de quotas de jeunes et de représentation des femmes. Cette dynamique intervient après une période de relative stagnation politique, suivie d’une reprise progressive des activités partisanes.
Les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité des différentes formations à transformer cette mobilisation en force électorale réelle, dans un scrutin qui s’annonce concurrentiel et potentiellement structurant pour l’avenir politique du pays.
Assia Mekhennef
