Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez a été reçu, hier avant son retour en France par le président Tebboune, selon un communiqué de la présidence de la république.
Ont assisté à la rencontre : le directeur de cabinet de la Présidence de la République, Boualem Boualem, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, le conseiller auprès du président de la République chargé des affaires diplomatiques, Ammar Abba, ainsi que le général-major Abdelkader Aït Ouarabi, directeur général de la Sécurité intérieure».
Très attendue, la visite de Nunez a été surtout axée sur la coopération sécuritaire. «Je viens de rencontrer le président Tebboune, après avoir travaillé toute la journée avec mon homologue algérien et l’ensemble des services de sécurité algériens et français. Nous avons travaillé à mettre en place et à réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de haut niveau qui a porté à la fois sur la coopération judiciaire, policière et en matière de renseignements », a déclaré Nunez au sortir de l’audience que lui a accordée le président Tebboune. Tout en félicitant son hologue algérien Said Sayoud qui a réuni «qui anous a réuni et a fait en sorte que nous puissions travailler en ce sens », Nunez « densifier » la coopération et «reprendre des relations normales».
Il a affirmé également que le président Tebboune qui m’a reçu demandait à ses services de travailler avec les services de sécurité français pour améliorer significativement nos coopérations en matière policière et en matière judiciaire et puis en matière aussi de réadmission». «Tout ceci va maintenant être mis en place dans les plus brefs délais», a-t-il assuré souhaitant «poursuivre cette coopération » comme le souhaitent les deux pays.
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, avait reçu, lundi au Palais du gouvernement, Laurent Nunez, et la délégation qui l’accompagne. Selon des photos des entretiens, étaient présents aux côtés des ministres, des hauts responsables sécuritaires des deux pays dont la cheffe française de la DGSI (sécurité intérieure) Céline Berthon. L’ordre du jour de la rencontre était bien rempli : Au cœur des discussions : lutte antiterroriste, narcotrafic, immigration illégale et dossier sensible des OQTF, dans ce qui apparaît comme un début de désescalade entre les deux pays.
Il est prévu que l’Accord de 1968 régissant la circulation et le séjour des Algériens figure en tête des dossiers examinés. Le gouvernement français actuel, confronté à une menace liée à la montée de l’extrême droite et à son rapprochement du pouvoir, chercherait à obtenir un accord algérien pour réviser cet accord afin de couper l’herbe sous le pied à l’extrême droite qui en réclame l’abrogation. Nunez est venu à Alger avec l’objectif affiché de relancer la coopération sécuritaire entre Paris et Alger.
Paris souhaitant dépasser ces tensions conjoncturelles dans le cadre d’une nouvelle dynamique incluant la mise en œuvre des éléments pertinents de la Déclaration d’Alger, notamment l’organisation de réunions périodiques réunissant les présidents, les chefs militaires et les responsables des services de renseignement, afin d’assurer le traitement des dossiers sécuritaires sensibles et l’harmonisation des visions en matière de lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel et contre la criminalité organisée. Côté algérien, les attentes sont aussi nombreuses.
Outre une meilleure mobilité pour ses citoyens, dans le cadre de l’octroi de visas notamment, les autorités réclament une coopération sur la question des extraditions d’individus condamnés par la justice. Parmi les sujets les plus délicats figurent la question des réadmissions, c’est-à-dire le retour en Algérie de ressortissants algériens en situation irrégulière en France visés par une obligation de quitter le territoire (OQTF) qui a été discutée au cours de la réunion comme l’a affirmé Nunez sans autres amples détails.
Ce déplacement apparaît comme un premier signe d’apaisement après plusieurs mois de crispations. D responsables politiques ont récemment évoqué des «signaux positifs» de part et d’autre. Selon diverses sources diplomatiques, l’objectif prioritaire demeure la «reprise d’un dialogue opérationnel», même limité, sur les questions de sécurité.
H. Adryen
