En Algérie, les pluies enregistrées en décembre dans les zones de reproduction du Sud ont créé des conditions localement favorables, incitant à renforcer les opérations de lutte préventive afin d’éviter toute évolution de la situation.
La menace acridienne refait surface en Afrique du Nord et au Sahel, notamment dans les régions occidentales. Dans son Bulletin « Orange » n°567, publié le 7 janvier 2026, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) met en garde contre une intensification progressive de l’activité du criquet pèlerin, favorisée par des conditions climatiques exceptionnellement humides enregistrées en décembre dans plusieurs pays de la région, dont l’Algérie.
Une situation sous contrôle
Les précipitations observées en décembre, notamment dans les zones de reproduction printanière du sud et du sud-est de l’Algérie, ont créé des conditions localement favorables au développement du criquet pèlerin. Des pluies légères à fortes ont été enregistrées dans le sud-est, l’est et le centre du pays durant la première et la deuxième décade du mois, avant un retour à des conditions plus sèches en fin de période.
Selon la FAO, quelques criquets ailés solitaires immatures ont été signalés à proximité d’In Salah, tandis qu’aucune présence acridienne n’a été détectée près d’In Guezzam, Tindouf ou Adrar. Bien que cette situation ne présente pas, à ce stade, de menace immédiate, elle appelle néanmoins à une vigilance accrue.
Les experts de l’organisation onusienne estiment que certains groupes d’ailés pourraient atteindre l’ouest du pays dans les semaines à venir. La reproduction devrait rester limitée, mais elle pourrait se produire dans l’extrême sud de l’Algérie, notamment avec l’arrivée possible de criquets en provenance du Sahel, à la recherche de zones favorables à la ponte. Dans ce contexte, la FAO recommande la poursuite des prospections de terrain et la mise en œuvre d’opérations de lutte préventive, afin d’éviter toute évolution incontrôlée de la situation.
Par ailleurs, durant la période de prévision, une reproduction d’une troisième génération n’est pas exclue dans le sud de l’Algérie, ainsi que dans le sud-ouest de la Libye, ce qui renforce la nécessité d’une coordination régionale étroite.
Une dynamique régionale préoccupante
Au-delà des frontières algériennes, la FAO observe une persistance de la végétation verte en Mauritanie et au Sahara occidental, conséquence directe des pluies abondantes enregistrées en décembre. Ces conditions ont favorisé la poursuite de la reproduction acridienne, avec un risque d’apparition de groupes larvaires et de petits essaims dès la fin du mois de janvier en Mauritanie, et en février au Sahara occidental.
Ces groupes pourraient progressivement se déplacer vers le nord, atteignant le Maroc, où plusieurs zones sont déjà en phase de dessèchement, mais restent susceptibles d’accueillir des criquets en cas de nouvelles pluies.
Dans la région centrale, la FAO n’exclut pas la poursuite d’une reproduction hivernale à petite échelle le long des deux rives de la mer Rouge, notamment au Yémen, en Arabie saoudite, au Soudan, en Égypte, ainsi qu’en Érythrée et en Somalie, si les précipitations se maintiennent. En revanche, aucun développement significatif n’est attendu dans la région orientale.
Prévenir pour éviter une crise acridienne
Si la baisse des températures enregistrée entre mi-novembre et mi-décembre a ralenti le développement du criquet pèlerin et la croissance de la végétation, la FAO souligne que la situation reste évolutive. L’alternance de pluies et de périodes sèches pourrait rapidement modifier les équilibres écologiques et favoriser une reprise plus marquée de l’activité acridienne.
En Algérie comme dans l’ensemble de la région, la stratégie demeure claire : anticiper, surveiller et intervenir rapidement. Une mobilisation précoce des services de lutte antiacridienne demeure le meilleur rempart contre une résurgence de grande ampleur, susceptible de menacer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations rurales.
K.Z.
