Une étape susceptible d’accélérer le développement de l’un des plus grands projets énergétiques en Afrique.
Le projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie entre ce mois-ci dans une phase décisive, marquant le passage de la planification à l’exécution technique.
Le chef du département études et transport par canalisation au sein du groupe Sonatrach, Issam Gaba, a annoncé, jeudi sur les ondes de la chaîne 1 de la Radio nationale, que que le 26 avril 2026 sera le lancement officiel des études détaillées du tracé du gazoduc.
L’objectif est de définir avec précision le tracé final, en tenant compte des aspects techniques, environnementaux et sécuritaires, tels que la nature du terrain, les conditions géographiques, la proximité des centres de production et de consommation, ainsi que l’évitement des zones habitées.
Cette phase succède aux études préliminaires réalisées par le cabinet international Benspen, qui avaient permis de définir le cadre général du projet. Le projet prévoit un raccordement aux réseaux gaziers algérien et nigérien. Du côté algérien, il s’agira de «relier le réseau gazier national à la frontière nigérienne sur environ 1 200 km», précise le responsable de Sonatrach, ajoutant que «la partie traversant le Niger représente, quant à elle, 720 km».
L’Algérie participera également aux études techniques et au soutien de la mise en œuvre, illustrant la coopération régionale entre les pays concernés.
Des réunions récentes à Niamey ont permis d’avancer sur les aspects techniques, réglementaires et environnementaux, renforçant la coordination entre l’Algérie et le Niger. Le responsable de Sonatrach a qualifié le lancement des études détaillées de pierre angulaire pour la concrétisation du projet.
Un projet transcontinental stratégique
Le gazoduc transsaharien est l’un des plus grands projets énergétiques en Afrique. Il reliera les champs gaziers de Warri au Nigeria au réseau de transport algérien, puis aux marchés européens. Sa capacité sera comprise entre 20 et 30 milliards de mètres cubes par an, et il nécessitera la construction d’environ 21 stations de compression et d’infrastructures de soutien (transport, hébergement, logistique).
Les études prévues incluent l’analyse du terrain, l’évaluation des aspects géologiques et environnementaux, ainsi que la sécurité selon les normes internationales. Malgré les conditions désertiques difficiles, Sonatrach dispose de l’expérience nécessaire pour mener à bien un projet de cette envergure.
Le gazoduc permettra de renforcer la diversification des approvisionnements en gaz, notamment pour l’Europe, et de sécuriser des sources d’énergie stables. Son coût total est estimé à plus de 13 milliards de dollars, faisant de ce projet un investissement stratégique pour la sécurité énergétique mondiale et le développement régional.
L’expertise et le soutien politique
Sonatrach s’appuie sur des technologies avancées pour la surveillance et la maintenance du pipeline, permettant la détection précoce d’anomalies et un transport sûr et continu.
Le projet bénéficie d’un soutien politique fort. Le Président Tebboune a confirmé la phase d’exécution, et son homologue nigérien Abdourahamane Tiani a souligné son importance stratégique pour le Niger. Après des tensions diplomatiques en 2025 ayant conduit au retrait temporaire du Niger, le projet a repris en 2026 avec une coordination renforcée.
La mise à jour de l’étude de faisabilité, confiée à Benspen, et les mécanismes de financement ont été validés lors d’une réunion du comité de pilotage en février 2025. Le projet constitue ainsi un exemple de coopération régionale et de développement des infrastructures énergétiques à grande échelle.
Le gazoduc transsaharien représente un projet transcontinental majeur, reliant les champs gaziers du Nigeria au marché européen via le Niger et l’Algérie. Avec une capacité de transport de 20 à 30 milliards de m³ par an et un coût de plus de 13 milliards de dollars, il offre des perspectives significatives pour la sécurité énergétique mondiale, la diversification des sources d’énergie et le développement des infrastructures dans la région.
La phase actuelle d’études détaillées marque le début de la mise en œuvre concrète de ce projet stratégique.
R.E
