Le dialogue social constitue un cadre global qui englobe l’environnement et les conditions de travail.
Adoptée après une révision approfondie d’une année, la nouvelle convention collective de l’Agence de développement social marque une étape importante dans l’amélioration des conditions socioprofessionnelles de plus de 4 000 travailleurs. Entre hausse des salaires, nouvelles primes et réformes structurelles, le texte consacre le dialogue social comme levier central.
Le dialogue social comme fondement, les acquis sociaux comme finalité : c’est dans cet esprit que s’inscrit la nouvelle convention collective de l’Agence de développement social, signée, jeudi dernier, à Alger.
Présent en sa qualité de partenaire social, le secrétaire général de l’UGTA, Amar Takdjout, a insisté sur la nécessité d’ancrer la culture du dialogue dans les relations professionnelles en Algérie, tout en mettant en avant une approche fondée sur la concertation, même en l’absence de gains matériels immédiats.
Selon lui, le dialogue social ne se limite pas à la satisfaction des revendications, mais constitue un cadre global qui inclut également l’environnement et les conditions de travail. Il a souligné l’importance d’accompagner les travailleurs ayant des besoins spécifiques, rappelant qu’ils font pleinement partie du tissu professionnel. «Nous devons apprendre à nous parler, à nous consulter et à nous entendre», a-t-il ajouté, estimant que cette culture est essentielle pour la stabilité de l’institution et la préservation des droits des travailleurs.
Dans ce contexte, Amar Takdjout a salué le contenu de la convention collective, estimant qu’elle reflète l’importance de la concertation entre partenaires sociaux et contribue à instaurer un climat de travail équilibré, tout en renforçant les droits matériels et sociaux des travailleurs.
Une convention profondément réformée
Selon un communiqué du ministère de la Solidarité nationale, cette convention intervient après plus de 14 ans sans révision, la dernière datant de 2012. Elle est le résultat d’un travail de fond d’environ une année, marqué par un processus participatif associant l’administration et le syndicat national des travailleurs de l’agence, affilié à l’UGTA. Elle concerne plus de 4 000 employés répartis à travers les différentes wilayas, dont des techniciens supérieurs actifs dans 1 541 communes, ainsi que 340 cadres des cellules de proximité.
Sur le plan juridique, la réforme se distingue par une réécriture complète du texte en langue arabe, désormais langue de référence officielle. Le nombre d’articles a été réduit de 264 à 198 afin de simplifier le contenu, d’éliminer les ambiguïtés et de corriger les contradictions qui freinaient l’application de certaines dispositions. Cette refonte vise également une meilleure conformité avec la législation nationale du travail.
Des avancées sociales et financières
La convention introduit des changements importants sur le plan financier. Elle prévoit une révision de la grille salariale à travers l’augmentation du point indiciaire, ainsi qu’une revalorisation de plusieurs primes et indemnités. Deux nouvelles primes sont instaurées : l’une destinée aux agents de guichet chargés de la gestion des dispositifs d’aide sociale au niveau communal, et l’autre dédiée aux spécialistes en informatique, notamment ceux impliqués dans la protection des systèmes d’information et le développement de logiciels.
Par ailleurs, la convention accorde une place importante à la modernisation de la gestion des ressources humaines. Elle prévoit la mise à jour de la nomenclature des postes afin de l’adapter à l’organisation actuelle de l’agence et aux exigences de modernisation, tout en clarifiant les parcours de promotion et d’évolution professionnelle. Les procédures disciplinaires ont également été révisées, avec le transfert d’une partie vers le règlement intérieur, conformément au cadre légal en vigueur.
Un acquis social
De son côté, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a qualifié cette convention d’«acquis qualitatif» pour les travailleurs du secteur. Elle a salué le processus participatif ayant permis son élaboration, fondé sur le dialogue entre l’administration et le partenaire social, et ayant abouti à un consensus garantissant la stabilité de l’institution.
La ministre a également annoncé que la mise en œuvre des augmentations salariales débutera en avril 2026, avec un effet rétroactif à compter de janvier de la même année. Cette mesure vise à améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs et à renforcer leurs conditions socioprofessionnelles, consacrant ainsi une avancée significative dans le secteur de l’action sociale.
Kahina Zemmouri
