Selon Boulos, l’Algérie et la Mauritanie participent aux négociations à titre d’observateurs, tandis que le Maroc et le Front Polisario restent les principaux protagonistes du conflit.
La question du Sahara occidental, conflit vieux de plus d’un demi-siècle, connaît un regain d’attention internationale. Dans une interview exclusive accordée à France 24, Massad Boulos, conseiller spécial américain pour les affaires africaines et arabes, est revenu sur la récente réunion tenue à l’ambassade américaine de Madrid, à laquelle ont participé les ministres des Affaires étrangères du Maroc et de l’Algérie, ainsi que des représentants de la Mauritanie, du Front Polisario et des Nations unies.
L’objectif de cette réunion est d’examiner les modalités d’application de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2025. Une initiative qui marque un retour affirmé des États-Unis dans un processus enlisé depuis plusieurs années.
Dans ce contexte, Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour les affaires arabes et moyen-orientales, a clarifié la position des différentes parties impliquées. Il a affirmé que l’Algérie et la Mauritanie participent aux discussions en qualité d’observateurs, tandis que «les deux parties principales au conflit sont le Maroc et le Front Polisario».
La position de Tebboune saluée
Il a, par ailleurs, salué «la position du président Tebboune et de son équipe, notamment le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf», soulignant leur soutien aux efforts visant à parvenir à «une solution acceptable pour les deux parties».
Interrogé sur la nature de la participation algérienne, il a précisé que le statut d’observateur n’implique pas une intervention directe dans les détails des négociations, tout en reconnaissant le soutien d’Alger au processus diplomatique.
Le cadre onusien réaffirmé
Ces déclarations interviennent alors que la résolution 2797 réaffirme le cadre onusien comme seule voie de règlement. Le texte proroge le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) jusqu’au 31 octobre 2026 et insiste sur la reprise des négociations sous l’égide des Nations unies. Il précise également que le Maroc et le Front Polisario demeurent les deux parties principales au différend, les pays voisins, dont l’Algérie et la Mauritanie, participant en tant qu’observateurs.
La réunion de Madrid a rassemblé autour de la même table Mohamed Yeslem Beissat pour le Front Polisario, Nasser Bourita pour le Maroc, Ahmed Attaf pour l’Algérie, Mohamed Salem Ould Merzoug pour la Mauritanie, ainsi que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura. La présence de ce dernier traduit la volonté d’inscrire toute dynamique dans le strict respect de la légalité internationale.
Washington veut relancer le processus
Pour Washington, l’objectif affiché est clair : remettre en mouvement un processus interrompu depuis plus d’une décennie. Les dernières négociations directes remontent à 2007, à Manhasset, sans qu’aucune avancée décisive n’ait été enregistrée depuis. En relançant le dialogue dans le cadre de la résolution 2797, l’administration américaine cherche à créer les conditions d’un compromis politique «réaliste, pragmatique et durable», selon les termes employés dans les communications diplomatiques.
Des positions inchangées mais un canal maintenu
De son côté, le Front Polisario a réaffirmé sa disponibilité à coopérer avec les efforts internationaux, se présentant comme le représentant légitime du peuple sahraoui. Le Maroc, pour sa part, continue de défendre son initiative d’autonomie comme base de solution.
Si aucune percée immédiate n’est attendue, la tenue de ces réunions marque néanmoins un signal politique. Elle traduit une volonté partagée de maintenir le canal diplomatique ouvert et d’éviter une nouvelle escalade dans un contexte régional sensible.
Reste à savoir si cette séquence madrilène constituera un simple épisode consultatif ou le point de départ d’un véritable tournant dans un dossier qui demeure l’un des plus anciens différends inscrits à l’agenda des Nations unies.
A. Mekhennef
