À travers les déplacements successifs au Tchad et au Niger du chef de la diplomatie, l’Algérie entend consolider ses relations avec les pays de la région et renforcer la concertation face aux défis sécuritaires et politiques qui fragilisent l’espace sahélien.
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, est arrivé hier à Niamey, en qualité d’envoyé spécial du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Une succession de visites qui traduit la volonté d’Alger de consolider ses relations avec les pays de la région et de contribuer à la préservation de la stabilité sahélienne, dans un contexte marqué par de fortes tensions régionales.
À son arrivée dans la capitale nigérienne, le chef de la diplomatie algérienne a été accueilli par son homologue, Bakary Yaou Sangaré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, indique le ministère algérien des Affaires étrangères.
Cette visite s’inscrit dans la dynamique positive que connaissent les relations entre l’Algérie et le Niger. Elle traduit la volonté des dirigeants des deux pays de consolider le partenariat bilatéral, de renforcer lacoopération et d’approfondir la concertation sur les questions régionales et continentales d’intérêt commun.
Durant son séjour, Ahmed Attaf sera reçu par le président nigérien, le général AbdourahamaneTiani, à qui il remettra un message écrit du président Abdelmadjid Tebboune.
Cette étape intervient au lendemain de sa visite à N’Djamena, où il a été reçu mardi par le président tchadien, le maréchal Mahamat Idriss DébyItno, à qui il a également transmis un message du chef de l’État algérien.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté des deux pays de donner une nouvelle impulsion à leur coopération et d’accélérer la concrétisation des engagements pris au plus haut niveau, notamment les 27 accords bilatéraux conclus entre Alger et N’Djamena.
Au cours de cette audience, les discussions ont porté sur les relations bilatérales, les perspectives de coopération ainsi que les principales questions régionales. Les deux parties ont notamment souligné la nécessité de renforcer la concertation politique, d’évaluer les secteurs de coopération et de lever les éventuels obstacles à la réalisation des projets et programmes convenus.
L’enjeu dépasse toutefois le seul cadre bilatéral. Les deux déplacements interviennent dans un contexte régional particulièrement sensible, marqué par l’expansion des groupes armés, les crises politiques et les tensions entre certains pays voisins. La situation au Sahel impose ainsi une coordination accrue entre les États concernés, tant sur le plan politique que sécuritaire.
Un contexte régional sous tension
La visite d’Ahmed Attafà Niamey intervient dans un contexte de tensions entre le Niger et le Tchad. Depuis septembre dernier, les relations entre les deux pays se sont dégradées à la suite d’accusations de Niamey visant N’Djamena et des forces spéciales françaises, soupçonnées d’avoir soutenu une tentative de mutinerie. Des accusations rejetées par les parties concernées.
Dans ce contexte, les déplacements successifs du chef de la diplomatie algérienne à N’Djamena puis à Niamey revêtent une portée particulière. Sans évoquer officiellement une médiation, Alger réaffirme son attachement au dialogue et à l’apaisement des tensions régionales. Le maintien de la coopération entre les deux pays est essentiel à la sécurité du Sahel, notamment face au terrorisme et aux menaces transfrontalières.
Une approche globale de la stabilité
À travers ses contacts de haut niveau avec ses voisins sahéliens, Alger promeut une approche fondée sur le dialogue, le respect de la souveraineté des États et les solutions africaines aux crises, loin des ingérences extérieures.
Pour l’Algérie, la stabilité du Sahel ne peut se limiter aux réponses militaires et sécuritaires. Elle passe également par le développement économique, la lutte contre la pauvreté et le chômage, ainsi que le désenclavement des régions fragiles.
À travers ses étapes à N’Djamena et à Niamey, Alger entend ainsi renforcer les partenariats régionaux et la coordination face aux défis communs, en misant sur la coopération et la prévention des conflits.
Smail R.
