Les ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Égypte se sont réunis hier à Alger pour examiner les derniers développements de la crise libyenne et coordonner leurs efforts en faveur d’un règlement politique global, sous l’égide des Nations unies.
La rencontre a réuni Ahmed Attaf, chef de la diplomatie algérienne, son homologue tunisien, Mohamed Ali Nafti, et le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel Aati, dans le cadre du mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye.
Selon le ministère algérien des Affaires étrangères, les discussions ont porté sur les évolutions politiques et sécuritaires en Libye ainsi que sur les moyens de relancer le processus de règlement de la crise. L’objectif est de surmonter les divisions entre les différentes parties libyennes, tout en préservant l’unité et la souveraineté du pays.
Les trois pays entendent renforcer leur coordination afin de favoriser une solution politique « libyo-libyenne », consensuelle et inclusive, fondée sur le dialogue entre les différentes parties. Ce processus doit permettre l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres et transparentes, ouvrant la voie à la mise en place d’institutions unifiées et solides, capables de répondre aux aspirations du peuple libyen en matière de sécurité et de stabilité.
Un mécanisme régional relancé
Créé en 2017, le mécanisme tripartite entre l’Algérie, la Tunisie et l’Égypte vise à coordonner les initiatives régionales en faveur d’une solution politique à la crise libyenne. Cette concertation a toutefois connu une période d’interruption, sur fond de divergences politiques et d’approches différentes, notamment entre Alger et Le Caire.
La réunion d’Alger fait suite à celle organisée au Caire en mai dernier, consacrée notamment à la situation sécuritaire en Libye et aux assassinats politiques. À cette occasion, les trois ministres avaient exprimé leur inquiétude face aux violences et aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté. Ils avaient appelé l’ensemble des parties libyennes à faire preuve de retenue, à éviter toute escalade et à privilégier l’intérêt national afin de préserver la sécurité et la stabilité du pays.
Les chefs de la diplomatie avaient également réaffirmé leur engagement à poursuivre la coordination dans le cadre du mécanisme tripartite, en vue de préserver l’unité de la Libye et sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. Ils avaient insisté sur le caractère incontournable d’une solution politique globale, exhortant les acteurs libyens à privilégier le dialogue et à surmonter les obstacles qui entravent la tenue simultanée des élections présidentielle et législatives.
La rencontre d’Alger s’inscrit dans cette dynamique, alors que les initiatives internationales se poursuivent pour sortir de l’impasse politique et réunir les conditions nécessaires à l’organisation du double scrutin. Les trois pays devraient ainsi réaffirmer leur soutien aux efforts menés sous l’égide des Nations unies pour mettre fin aux divisions, unifier les institutions de l’État libyen et favoriser un règlement durable de la crise.
Les efforts de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), ainsi que les discussions engagées dans le cadre du dialogue politique, figurent parmi les principales démarches visant à sortir de l’impasse institutionnelle.
Des enjeux régionaux persistants
Les discussions se déroulent également dans un contexte marqué par les divergences régionales autour de l’accord conclu entre la Libye et la Turquie sur la délimitation des frontières maritimes, auquel l’Égypte s’oppose. Ce dossier illustre les enjeux géopolitiques qui entourent la crise libyenne et compliquent la recherche d’un règlement durable.
Depuis 2011, la Libye demeure confrontée à une crise politique et institutionnelle persistante. Malgré les initiatives engagées au fil des années, les divisions entre les acteurs politiques et la fragmentation des institutions continuent d’entraver le retour à la stabilité. La relance de la concertation entre Alger, Tunis et Le Caire vise ainsi à renforcer les efforts régionaux en faveur d’un processus politique susceptible de réunifier les institutions et de permettre aux Libyens de choisir leurs dirigeants par les urnes.
S.R.
