Le projet de loi de finances 2027 table sur une croissance du PIB de 4,2%, la création de 125 675 emplois et d’importants investissements publics, tout en maintenant les dispositifs de soutien au pouvoir d’achat et au logement.
L’économie algérienne devrait poursuivre sa progression au cours des prochaines années. Selon les prévisions du projet de loi de finances (PLF) 2027, le produit intérieur brut (PIB) devrait croître de 4,2% en 2027, de 4,1% en 2028 et de 4,7% en 2029. La croissance hors hydrocarbures atteindrait, quant à elle, 5% en 2027, confirmant l’importance accordée à la diversification de l’économie nationale.
Ces projections ont été présentées par le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN). Le PIB nominal devrait s’établir à 53 122 milliards de dinars en 2027, puis à 58 088 milliards en 2028 et à 63 833 milliards en 2029.
Plus de 17 800 milliards de dinars de dépenses
Le PLF 2027 prévoit des recettes budgétaires supérieures à 9 251 milliards de dinars, en hausse de 7,4% par rapport à 2026. Les dépenses atteindraient 17 251,61 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 17 882,65 milliards en crédits de paiement. Ces montants restent inférieurs aux demandes initiales des différents secteurs, qui dépassaient respectivement 20 411 milliards et 21 046 milliards de dinars.
Le gouvernement entend poursuivre les investissements publics tout en préservant les mécanismes de soutien aux ménages. Les transferts destinés aux personnes sont estimés à 2 414,15 milliards de dinars, dont 717,7 milliards consacrés aux produits de large consommation.
Cette enveloppe comprend 355,84 milliards de dinars pour les céréales, 94,31 milliards pour le lait et 122,05 milliards pour l’eau dessalée. Une autre dotation de 120 milliards de dinars est prévue pour contribuer à la stabilisation des prix du sucre, de l’huile et du café vert. Le soutien à l’énergie bénéficiera, pour sa part, de 25,5 milliards de dinars.
Ces mesures visent à préserver le pouvoir d’achat dans un contexte international marqué par les incertitudes géopolitiques, les tensions inflationnistes et la volatilité des marchés énergétiques.
125 675 postes d’emploi annoncés
Le projet de budget prévoit l’ouverture de 125 675 postes, dont 82 948 postes supplémentaires. Les dispositifs d’insertion mobiliseront une enveloppe globale de 368 milliards de dinars, répartie entre 210 milliards pour l’allocation chômage et 158 milliards pour l’intégration des agents des collectivités locales.
Le soutien à l’activité économique figure également parmi les priorités budgétaires. Une enveloppe de 395,88 milliards de dinars lui est destinée, tandis que 80 milliards seront consacrés aux bonifications des taux d’intérêt et 50 milliards au soutien des entreprises publiques économiques en difficulté.
Le texte prévoit, par ailleurs, une contribution de 100 milliards de dinars au profit de Sonelgaz, 80,76 milliards pour le développement agricole et 9 milliards pour les microcrédits distribués par l’intermédiaire de l’Agence nationale de gestion du microcrédit.
Logement et grands projets : des milliards mobilisés
Le secteur du logement bénéficiera d’une enveloppe de 517,5 milliards de dinars au titre des crédits et des aides à l’accès au logement. Les financements couvriront les programmes en cours, les nouvelles opérations et les différentes formules d’aide, ainsi que les équipements publics nécessaires aux nouvelles villes et aux ensembles résidentiels intégrés.
Les programmes d’équipements prévoient notamment la réalisation de 320 écoles primaires, 140 collèges, 77 lycées et 50 polycliniques.
Parallèlement, le coût global des grands projets structurants recensés dans le document atteint 3 689,93 milliards de dinars. Il englobe notamment le gisement de minerai de fer de Gara Djebilet, le projet intégré de phosphate, la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset ainsi que les raccordements énergétiques nécessaires aux grands projets et aux périmètres agricoles du Sud.
Pour 2027, les crédits affectés à ces opérations s’élèvent à 62,4 milliards de dinars en autorisations d’engagement et à 360,73 milliards en crédits de paiement.
I. Khermane
