Vingt-trois nouvelles spécialités, digitalisation du suivi et formation par compétences : la rentrée d’octobre 2026 marque une nouvelle étape dans la modernisation du secteur de la formation professionnelle en Algérie.
Plus de 400 000 stagiaires et apprentis ont rejoint, hier, les établissements de formation et d’enseignement professionnels à travers le pays, à l’occasion de la rentrée de la session d’octobre 2026.
Le coup d’envoi officiel de cette nouvelle session a été donné depuis la wilaya de Tipasa par la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab, à l’Institut national spécialisé de formation professionnelle (INSFP) Chahida Saliha-Ben-Hamdine de Cherchell.
La nouvelle session se distingue par l’introduction de 23 nouvelles spécialités, notamment dans des domaines jugés prioritaires, tels que les énergies renouvelables et la cybersécurité. Une évolution qui traduit la volonté du secteur de rapprocher davantage l’offre de formation des transformations du marché du travail et des besoins des entreprises.
La formation bascule vers une logique de compétences
Autre nouveauté majeure : l’adoption du référentiel national de formation par compétences, parallèlement à la numérisation des inscriptions et du suivi des stagiaires.
Cette réforme vise à faire évoluer le système de formation, en passant d’une logique fondée essentiellement sur une nomenclature des spécialités à une approche davantage centrée sur les compétences recherchées par le marché de l’emploi.
À Tipasa, cette orientation se traduit également par l’ouverture de plus d’une dizaine de nouvelles spécialités destinées à répondre aux besoins du marché national et local ainsi qu’aux attentes des opérateurs économiques.
Plus de 13 500 stagiaires ont rejoint les établissements de formation de la wilaya pour cette session, dont 8 467 nouveaux inscrits.
Des centres d’excellence et des projets innovants
Au cours de sa visite, la ministre doit également remettre des certificats de formation à des maîtres d’apprentissage et aux bénéficiaires de la formation en entrepreneuriat, promotion 17.
Elle se rendra ensuite à l’INSFP de Bou Ismaïl pour inaugurer un Centre d’excellence, avant de visiter plusieurs ateliers pédagogiques et de découvrir des projets d’innovation développés dans différentes spécialités techniques.
Cette dynamique vise à renforcer la dimension pratique de la formation et à favoriser l’émergence de profils directement opérationnels pour les secteurs économiques en développement.
L’Algérie forme aussi les compétences nigériennes
La coopération dans le domaine de la formation professionnelle occupe également une place croissante dans les relations entre l’Algérie et le Niger.
Samedi, à Boumerdès, Nassima Arhab a lancé une session de formation destinée à 88 travailleurs nigériens, première étape d’un programme qui doit bénéficier au total à 500 travailleurs nigériens, répartis dans dix wilayas algériennes.
Les bénéficiaires seront formés dans 19 spécialités, parmi lesquelles l’agriculture, l’aquaculture, la plomberie et le chauffage, la maintenance informatique, le tourisme, la climatisation, l’électricité, l’installation de systèmes d’énergie solaire, la réparation automobile, le forage, les mines ainsi que la restauration et l’hôtellerie.
Cette initiative, menée dans le cadre de la coopération algéro-nigérienne, s’inscrit dans une approche fondée sur le développement des compétences et le transfert de savoir-faire, avec l’objectif de contribuer au renforcement des ressources humaines au Niger.
Pour Alger, la formation professionnelle apparaît ainsi comme un levier à la fois de modernisation économique, d’insertion professionnelle et de coopération africaine.
I. Khermane
