Dix ans après sa conclusion, l’Accord d’Alger reste l’un des tournants majeurs de la coopération pétrolière internationale. En rapprochant en 2016 les positions des producteurs de l’OPEP, l’Algérie a contribué à ouvrir la voie à la naissance de l’OPEP+, devenue depuis un acteur central de la régulation du marché mondial.
Dix ans après son adoption, l’Accord d’Alger continue de peser sur la gouvernance du marché pétrolier mondial. Conclu le 28 septembre 2016 sous l’égide de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), il avait permis de rapprocher des positions profondément divergentes entre les grands producteurs et ouvert la voie à un nouveau cadre de coopération entre membres et non-membres de l’Organisation.
À cette époque, le marché pétrolier traversait une période de fortes turbulences. L’excédent d’offre, l’accumulation des stocks et la chute des cours avaient accentué les tensions entre producteurs. Dans ce contexte, l’Algérie avait entrepris de relancer le dialogue et de rapprocher les positions au sein de l’OPEP.
L’Accord d’Alger allait constituer le point de départ d’un processus qui déboucherait, quelques mois plus tard, sur la Déclaration de coopération entre l’OPEP et plusieurs grands producteurs non membres, dont la Russie. Au total, 24 pays allaient rejoindre ce mécanisme destiné à réduire la production, accélérer la résorption des stocks et contribuer au rééquilibrage du marché.
Au-delà des décisions sur les volumes, l’enjeu était de créer un cadre durable de concertation entre les principaux acteurs du marché. Cette dynamique a progressivement donné naissance à l’OPEP+, devenue depuis un mécanisme majeur de coordination de la politique pétrolière internationale.
Une diplomatie pétrolière au cœur du processus
Pour Alger, l’Accord de 2016 a constitué une étape importante de sa diplomatie énergétique. Face aux divergences entre producteurs, la démarche algérienne reposait sur le dialogue et la recherche d’un compromis permettant de réunir les différentes parties autour d’un objectif commun : contribuer au rééquilibrage du marché.
Cette coopération s’est accompagnée de mécanismes de suivi chargés de veiller au respect des engagements. Le Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) et le Comité technique conjoint (JTC) sont ainsi devenus des instruments essentiels de la coordination, à travers le suivi de la production et l’évaluation régulière des conditions du marché.
L’Algérie continue de participer à ce dispositif, notamment au sein du JTC, en prenant part au suivi des évolutions du marché et aux discussions relatives aux ajustements de production.
L’Algérie au cœur du dispositif
Le mécanisme de l’OPEP+ a été fortement éprouvé en 2020 par l’effondrement de la demande mondiale provoqué par la pandémie de Covid-19. Face à ce choc inédit, les producteurs avaient adopté des réductions historiques, confirmant l’importance de la coordination engagée depuis 2016.
Depuis, l’OPEP+ ajuste régulièrement sa politique en fonction de l’évolution de l’offre, de la demande, des stocks et des incertitudes économiques.
En 2026, l’Algérie demeure engagée dans la coordination des ajustements de production et figure parmi les sept pays disposant de capacités d’ajustement volontaire, avec l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan et Oman.
Pour Alger, cette démarche prolonge la ligne défendue depuis 2016 : privilégier le dialogue et les décisions collectives pour préserver la stabilité du marché.
Dix ans après l’Accord d’Alger, malgré les bouleversements géopolitiques et économiques, le mécanisme reste un cadre majeur de concertation entre producteurs. L’Algérie, à l’origine de cette dynamique, continue d’y jouer un rôle actif.
Haitham Al Ghais à Alger
Le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, effectue, depuis hier, une visite de travail de quatre jours en Algérie, à l’invitation du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab.
Ce déplacement intervient à quelques jours du dixième anniversaire de l’Accord d’Alger, conclu le 28 septembre 2016. Il donne une dimension particulière à cette visite, qui intervient alors que l’Algérie s’apprête à commémorer un accord considéré comme le point de départ du cadre de coopération ayant donné naissance à l’OPEP+.
Au cours de son séjour, Haitham Al Ghais doit avoir plusieurs entretiens avec de hauts responsables algériens, notamment Mohamed Arkab. Les discussions portent sur l’évolution du secteur des hydrocarbures, les perspectives du marché pétrolier mondial ainsi que sur des questions d’intérêt commun.
Au-delà de la dimension commémorative, la visite intervient dans un contexte marqué par les enjeux liés à l’équilibre du marché mondial et à la coordination entre producteurs.
Elle met également en lumière la continuité des relations entre Alger et l’OPEP, dix ans après un accord qui avait contribué à transformer le dialogue entre les grands producteurs en un mécanisme de coopération durable.
Smail Rouha
