Révision du statut particulier, hausse des salaires, modernisation des équipements et renforcement de la flotte aérienne : le président Tebboune veut adapter la Protection civile aux nouveaux risques. Le chef de l’Etat a également ordonné lors de la réunion du Conseil des ministres, l’achèvement de l’indemnisation des victimes des derniers incendies.
Réuni sous la présidence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Conseil des ministres a décidé de revoir le statut particulier des personnels de ce corps, fortement mobilisé ces dernières années face aux incendies et aux catastrophes naturelles. Le chef de l’État a souligné la nécessité de tenir compte des «changements climatiques qui ont touché le monde» et des «grands risques» auxquels sont désormais exposés les agents de la Protection civile, indique le communiqué de la présidence.
La réforme prévoit en premier lieu une «hausse globale des salaires» à travers une révision des «points indiciaires des salaires». La grille des grades devra également être adaptée aux spécificités du corps et aux missions des personnels administratifs et opérationnels. Le futur statut devra aussi assurer la «valorisation des indemnités» accordées aux agents intervenant sur le terrain et à leurs familles.
La formation fera également l’objet d’une attention particulière. Elle devra être assurée de manière continue durant toute la carrière afin de maintenir les agents à un haut niveau d’efficacité et de préparation opérationnelle, avec pour objectif de réduire les pertes humaines lors des interventions. Le président Tebboune a ordonné une « révision technique et technologique des moyens et équipements de travail sur le terrain», avec l’acquisition de matériels modernes et la mise en place d’un programme de renouvellement.
La flotte d’avions de lutte contre les incendies devra également être renforcée progressivement, «selon leur disponibilité sur le marché international». Dans les zones à forte densité forestière, des «points et semi-centres de surveillance» seront créés en coordination avec le ministère de l’Agriculture. Le volontariat saisonnier sera, de son côté, institutionnalisé au sein de la Protection civile, avec un dispositif spécifique de protection des volontaires.
Achever l’indemnisation des victimes
Le Conseil des ministres a également fait le point sur les opérations d’indemnisation des victimes des derniers incendies. Le président de la République a particulièrement salué la rapidité des opérations menées dans la wilaya de Jijel, la plus durement touchée. Il a remercié les membres du gouvernement mobilisés dans cette opération et ordonné d’achever «les dernières opérations d’indemnisation», lorsqu’il en reste, «dans les meilleurs délais». Le chef de l’État a également salué la solidarité populaire et gouvernementale envers les sinistrés, réaffirmant que l’État restera à leurs côtés.
Interopérabilité numérique sécurisée
Autre dossier examiné : la transformation numérique de l’administration. Un décret présidentiel devra définir le «plan d’interopérabilité numérique sécurisée» entre les organismes et institutions de l’État, sous la supervision de la Haute Commissaire à la numérisation. Cette interopérabilité devra également selon le communiqué, concerner les wilayas afin de faciliter l’enregistrement des données locales, avec une «protection maximale des données des citoyens».
Agriculture : cap sur l’autosuffisance
Le Conseil des ministres a également examiné le bilan de la campagne moisson-battage 2025-2026. Le chef de l’État a demandé une «publication mensuelle» sur la production céréalière et chargé les walis d’en assurer un suivi précis, notamment pour le blé tendre et le blé dur. Le paiement des récoltes agricoles au niveau des agences régionales de l’Office algérien interprofessionnel des céréales devra être immédiatement numérisé. Une coordination renforcée avec l’Office national des statistiques est également prévue. Le gouvernement devra préparer une loi d’orientation agricole «plus efficace», destinée notamment à adapter les superficies cultivées aux besoins du pays et à réduire les importations.
Un programme national d’analyse des sols sera lancé afin de mieux connaître les caractéristiques des terres agricoles. Enfin, le recours aux eaux usées pour l’irrigation devra être développé afin de réduire la dépendance aux précipitations. Le secteur de l’Hydraulique vise un taux de récupération de 60 % des eaux usées.
Hadj : 82 millions de centimes
En outre, sur proposition du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, le président Tebboune a décidé de maintenir à 82 millions de centimes le montant des frais du Hadj à la charge de chaque pèlerin, après une hausse d’environ sept millions de centimes cette saison. L’État prendra ainsi en charge une partie de l’augmentation. La réunion du Conseil des ministres s’est ainsi articulée autour de plusieurs priorités : revaloriser les personnels de la Protection civile, moderniser leurs moyens d’intervention, accompagner les victimes des incendies et renforcer la sécurité agricole et numérique du pays.
R.N
