Ce projet marque une nouvelle étape dans la coopération nucléaire entre l’Algérie et l’Argentine et doit consolider les capacités nationales dans la recherche, la formation et la production de radio-isotopes.
L’Algérie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le développement de ses capacités scientifiques et technologiques dans le domaine nucléaire avec la modernisation du réacteur de recherche NUR, implanté à Draria, dans la wilaya d’Alger, avec l’appui de l’INVAP.
Un accord portant sur la modernisation de l’installation prévoit de porter sa puissance de 1 mW à 3,5 mW. Cette évolution doit permettre de renforcer les capacités du réacteur en matière de recherche, de formation et de production de radio-isotopes, tout en prolongeant la durée d’exploitation d’une installation qui constitue, depuis plusieurs décennies, un élément important de l’infrastructure nucléaire scientifique algérienne.
Le réacteur NUR —«lumière» en arabe — occupe une place particulière dans les relations scientifiques entre l’Algérie et l’Argentine. Les premiers contrats relatifs à sa construction ont été signés en 1985, faisant de cette installation l’une des premières grandes réalisations nucléaires exportées par l’Argentine.
Au-delà de la simple fourniture d’équipements, le projet reposait sur une véritable coopération technologique et un transfert de compétences.
Dans ce cadre, des ingénieurs et des opérateurs algériens ont notamment été formés en Argentine, au réacteur RA-6 de Bariloche. Environ 50 spécialistes algériens auraient ainsi bénéficié d’une formation destinée à leur permettre d’exploiter et de maîtriser les technologies associées au réacteur.
Cette dimension constitue l’un des aspects les plus significatifs du projet : l’Algérie n’a pas seulement acquis une installation nucléaire, elle a également développé progressivement ses propres compétences humaines et scientifiques.
Un outil au service de la recherche nationale
Le NUR joue principalement le rôle de réacteur de recherche et de formation. Il contribue à la formation d’ingénieurs, de physiciens et de techniciens spécialisés dans les sciences et les technologies nucléaires.
Son utilisation dépasse, toutefois, le seul domaine nucléaire. Les techniques faisant appel aux radio-isotopes comme traceurs peuvent notamment être utilisées pour étudier les ressources hydriques souterraines.
Ces applications revêtent une importance particulière pour l’Algérie, confrontée à des enjeux majeurs en matière de gestion et de préservation des ressources en eau. Les recherches menées grâce à ces techniques peuvent notamment contribuer à mieux comprendre la dynamique des grands systèmes aquifères d’Afrique du Nord.
Une autonomie scientifique
Le passage de 1 à 3,5 mW représente une évolution importante des capacités expérimentales du NUR.
La modernisation doit permettre à l’Algérie de disposer d’un outil plus performant pour ses activités de recherche nucléaire, la formation de spécialistes et différentes applications scientifiques.
Elle s’inscrit également dans une logique plus large de développement des compétences nationales dans le domaine nucléaire. Pour l’Algérie, l’enjeu ne se limite donc pas à augmenter la puissance du réacteur : il s’agit aussi de maintenir une infrastructure scientifique stratégique et de consolider l’expertise nationale accumulée depuis les années 1980.
Une relation durable avec l’Argentine
La poursuite du partenariat avec INVAP témoigne également de la continuité des relations scientifiques et technologiques entre l’Algérie et l’Argentine.
Plus de quarante ans après la signature des premiers accords, la modernisation du NUR montre que cette coopération ne s’est pas limitée à la construction initiale du réacteur. Elle s’est progressivement transformée en une relation de long terme fondée sur la formation, le transfert de technologie, l’assistance technique et la modernisation des installations.
Pour l’Algérie, le NUR représente ainsi bien davantage qu’un simple réacteur de recherche : il constitue un outil de souveraineté scientifique, de formation des compétences nationales et de développement de la recherche nucléaire à des fins pacifiques.
La modernisation annoncée doit permettre de prolonger la durée de vie de cette infrastructure et de renforcer son rôle dans les activités scientifiques algériennes au cours des prochaines années.
Synthèse Smail Rouha
