Les dirigeants africains devraient notamment se pencher sur les moyens de rendre plus opérationnelle l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), principal cadre de l’UA en matière de prévention et de gestion des conflits.
L’Algérie participera, aujourd’hui, à Luanda, en Angola, à la 21e session extraordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine (UA), consacrée à la prévention et au règlement des conflits en Afrique. Représentant le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, prendra part aux travaux de cette importante rencontre, a indiqué, hier, un communiqué du Conseil de la nation.
La participation algérienne intervient dans un contexte continental marqué par la persistance de nombreuses crises sécuritaires et politiques, du Sahel à la Corne de l’Afrique, en passant par les Grands Lacs et certaines régions d’Afrique centrale.
La session extraordinaire de Luanda, prévue les 29 et 30 août, se veut ainsi une occasion de donner un nouvel élan aux mécanismes africains de prévention, de gestion et de règlement des conflits.
Plus d’une dizaine de chefs d’État sont attendus dans la capitale angolaise, aux côtés de neuf Premiers ministres ainsi que de plusieurs vice-présidents et ministres.
Cette forte mobilisation témoigne de l’importance accordée par les États membres à la recherche de réponses africaines aux crises qui continuent de déstabiliser le continent.
Au cœur des discussions figurera la question de l’efficacité des instruments dont dispose l’Union africaine pour empêcher qu’une crise politique ou sécuritaire ne dégénère en conflit ouvert. L’enjeu est également de renforcer les capacités de médiation de l’organisation panafricaine, d’améliorer la coordination entre les mécanismes continentaux et régionaux et de mobiliser les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre des décisions.
Crises multiformes
Les dirigeants africains devraient notamment se pencher sur les moyens de rendre plus opérationnelle l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), principal cadre de l’UA en matière de prévention et de gestion des conflits.
La question des instruments juridiques, de la redevabilité et de la capacité à faire appliquer les décisions prises au niveau continental devrait également occuper une place importante dans les débats. Cette réflexion intervient alors que plusieurs foyers de tension demeurent actifs sur le continent.
L’insécurité persistante au Sahel, la guerre au Soudan et la crise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) illustrent les difficultés auxquelles l’Afrique reste confrontée dans sa volonté de prendre en charge ses propres crises. La situation dans l’est de la RDC constitue, à ce titre, l’un des dossiers emblématiques des limites actuelles de l’action africaine.
Face à l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23, plusieurs initiatives diplomatiques sont actuellement menées, notamment à Washington et à Doha. L’Union africaine cherche, pour sa part, à renforcer son implication et à mieux articuler ses efforts avec ces processus. Au-delà du cas congolais, la session de Luanda pose une question plus large : celle de la capacité de l’Afrique à reprendre l’initiative dans la résolution de ses propres crises. L’affaiblissement du multilatéralisme et la montée des rapports de force entre puissances rendent cette question d’autant plus stratégique.
Alger privilégie les solutions politiques
Pour l’Algérie, qui participe régulièrement aux efforts africains de médiation et défend le principe de solutions politiques aux crises, cette rencontre constitue un cadre important pour contribuer à la réflexion collective sur le renforcement de la paix et de la sécurité sur le continent. Sa représentation par Azouz Nasri, au nom du président Tebboune, traduit l’importance accordée par Alger à cette échéance continentale.
L’objectif affiché à Luanda dépasse ainsi les simples déclarations politiques. Il s’agit de parvenir à des mécanismes capables d’anticiper les crises, d’intervenir suffisamment tôt et de donner davantage de moyens aux initiatives africaines de médiation. La crédibilité de l’Union africaine dépendra, au-delà des engagements pris, de sa capacité à transformer ses instruments de paix et de sécurité en réponses concrètes et rapides.
Dans un continent confronté à la multiplication des foyers de tension, l’enjeu est désormais de faire de la prévention et de la médiation des instruments permanents de l’action africaine, afin que l’UA puisse s’imposer davantage comme un acteur central dans le règlement des conflits qui affectent son espace.
S.M
