Le calendrier électoral s’apprête à franchir une nouvelle étape. Après les législatives de juillet dernier, l’attention se tourne, désormais, vers les collectivités locales, avec les élections des Assemblées populaires communales (APC) et des Assemblées populaires de wilaya (APW), attendues entre la fin octobre et le début décembre 2026.
Un scrutin qui se prépare dans un contexte institutionnel renouvelé et qui placera l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) face à un nouveau défi. À la tête de cette instance, Saïd Arous aura la responsabilité de conduire ce prochain rendez-vous électoral. Le juriste et ancien parlementaire a été nommé lundi par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour un mandat de six ans, en remplacement de Karim Khelfane, qui assurait la présidence de l’Autorité par intérim.
Cette désignation intervient alors que les préparatifs du scrutin local devraient progressivement s’accélérer. La prochaine étape attendue est la convocation du corps électoral par décret présidentiel, laquelle donnera officiellement le coup d’envoi du processus préparatoire et permettra d’enclencher les différentes opérations liées à l’organisation du scrutin.
L’enjeu est d’autant plus important que les élections locales constituent un rendez-vous de proximité, directement lié à la gestion quotidienne des citoyens. Les futurs élus des APC et des APW auront notamment la charge de participer à la conduite du développement local, à la gestion des ressources des collectivités et au suivi de nombreux dossiers qui touchent directement à la vie des populations.
L’organisation électorale réaménagée
Le prochain scrutin se déroulera dans un cadre institutionnel différent de celui qui avait accompagné la création de l’Anie en 2019. Une révision constitutionnelle adoptée le 25 mars dernier a notamment modifié la répartition des responsabilités entre l’Autorité électorale et l’administration.
Les missions liées à l’organisation logistique et matérielle des élections ont ainsi été réattribuées au ministère de l’Intérieur. L’objectif est de permettre à l’Anie de recentrer son action sur sa mission fondamentale : garantir la transparence, la régularité et l’intégrité des opérations électorales.
Cette nouvelle organisation devrait être mise à l’épreuve lors des prochaines élections locales, qui constitueront le premier scrutin supervisé par Saïd Arous depuis sa nomination.
Le défi de la confiance
Au-delà de la seule organisation du scrutin, le nouveau président de l’Anie devra également veiller à préserver la confiance dans le processus électoral. La surveillance du déroulement des opérations, l’encadrement de la campagne, le respect des règles électorales et le traitement des éventuels recours feront partie des principaux enjeux de cette échéance.
Pour les partis politiques comme pour les candidats indépendants, les prochaines semaines seront consacrées à la préparation des listes et à la définition des programmes. Les enjeux locaux devraient occuper une place centrale dans les débats, notamment les services publics, le développement des communes, la gestion des ressources et l’amélioration du cadre de vie.
Les collectivités au cœur du scrutin
Les élections APC et APW revêtent une importance particulière en raison de leur impact direct sur la vie quotidienne des citoyens. Elles doivent permettre de renouveler les assemblées chargées de porter les préoccupations locales et de participer à la mise en œuvre des politiques de développement au niveau des communes et des wilayas.
Dans le même temps, les débats autour de la réforme du Code de la commune et de l’élargissement des prérogatives administratives et financières des assemblées élues devraient alimenter la campagne électorale.
Avec la nomination de Saïd Arous, le dispositif électoral dispose désormais de son nouveau responsable. Reste à franchir les prochaines étapes du calendrier pour transformer cette désignation en véritable lancement du processus électoral. À quelques semaines des locales, la préparation du scrutin entre ainsi dans une phase décisive.
Assia M.
