La Fondation Machiavelli a publié, dans sa dernière étude en date, un long dossier consacréà l’Algérie. Celui-ci analyse l’évolution des investissements italiens dans notre pays depuis 2019 ainsi que leur contribution au développement économique.
L’étude souligne que la nouvelle architecture de coopération portée par le plan Mattei constitue aujourd’hui un levier important pour renforcer l’attractivité de l’Algérie auprès des investisseurs étrangers et soutenir une stratégie de développement orientée vers des marchés à fort potentiel.
L’Italie met en avant l’indicateur de «valeur ajoutée locale» afin de redéfinir sa présence géopolitique en Méditerranée. Ce modèle, fondé sur une «diplomatie énergétique et sécuritaire» dans le cadre d’un partenariat horizontal, évolue progressivement.
Selon ce dossier, cette approche répond aux besoins de diversification économique de l’Algérie en privilégiant le développement des compétences locales, la création d’emplois durables et la consolidation d’un savoir-faire agricole et technique national.
Sur le plan opérationnel, les investissements s’inscrivent dans une perspective de long terme. Les emplois créés ne répondent plus uniquement aux besoins liés aux chantiers, mais contribuent à l’émergence d’un véritable marché du travail technique permanent.
L’approche italienne vise notamment à réduire la dépendance de l’Algérie vis-à-vis de l’extérieur grâce à la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement intégrée, de «la graine à l’assiette», reposant sur une main-d’œuvre locale spécialement formée.
Le transfert de compétences repose sur la formation managériale, l’agronomie de précision et l’accompagnement des cadres locaux.
Le modèle de partenariat retenu s’appuie sur des coentreprises à risques partagés, soutenues par les organismes italiens de garantie Sace et Simest, favorisant ainsi un partage des investissements et des responsabilités.
Les calendriers de mise en œuvre illustrent cette stratégie de long terme. L’Italie poursuit notamment le développement de l’agriculture biologique, avec un objectif de 36 000 hectares à l’horizon 2028.
En matière d’infrastructures, le modèle présenté par la Fondation Machiavelli privilégie également la continuité des emplois. Les 1 600 postes recensés sur le site de Timimoune constituent une classe de gestionnaires agricoles formés pour assurer l’exploitation des installations pendant une période de dix ans.
Les données relatives à l’emploi traduisent ainsi la création d’un marché du travail technique durable plutôt qu’une simple mobilisation de main-d’œuvre durant la phase de construction.
L’architecture du plan Mattei en Algérie repose sur une chaîne d’approvisionnement sélective composée d’environ 200 entreprises italiennes. La répartition sectorielle met en évidence une priorité accordée à l’industrie agroalimentaire et à la sécuritéénergétique, qui concentrent plus de 70% des efforts italiens, avec une attention particulière portée à la décarbonation et au développement de l’hydrogène vert.
En définitive, l’approche italienne privilégie moins le volume des investissements que leur qualité, en misant sur le transfert de technologies, la formation sur mesure des cadres locaux et le développement de compétences durables, souligne le dossier.
Cette étude, destinée principalement aux opérateurs italiens, a le mérite de confirmer la pertinence du choix de l’Algérie de diversifier ses partenariats et de multiplier les opportunités pour une économie productive, capable de créer des emplois et de la richesse, aussi bien par le renforcement du marché intérieur que par une meilleure capacité d’exportation.
R.N.
