Les progrès enregistrés dans la gouvernance publique et l’amélioration de son classement dans l’indice Mo Ibrahim témoignent d’une évolution positive.
La lutte contre la corruption en Algérie commence à porter ses fruits, qui continue ainsi d’engranger des signes positifs sur la scène internationale. Les efforts engagés dans ce domaine enregistrent des progrès encourageants, salués par plusieurs instances, dont l’Union africaine et le FMI. De plus, l’Algérie a étéélue à la deuxième vice-présidence de l’Association des autorités anti-corruption d’Afrique.
La stratégie nationale mise en œuvre depuis 2023 commence à produire ses premiers résultats tangibles. Après la sortie de l’Algérie de la liste grise du Gafi, officialisée le 19 juin 2026 à Paris, le pays n’est désormais plus soumis à une surveillance renforcée concernant son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
L’indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) vient également conforter cette dynamique en classant l’Algérie au 18e rang sur 54 pays africains. Le pays obtient un score global de 55,7 sur 100, supérieur à la moyenne continentale (49,3) et à celle de l’Afrique du Nord (51,8). L’Algérie affiche notamment une progression de 7,9 points dans le domaine de la lutte contre la corruption au cours de la dernière décennie.
Des efforts restent, toutefois, nécessaires pour permettre au pays d’atteindre les premières places du classement africain. Dans cette perspective, l’État a adopté une stratégie nationale (2023-2027) destinée à protéger les deniers publics et à récupérer les fonds détournés.
Stratégie contre la corruption et les détournements
Des enquêtes importantes, notamment celles portant sur des fraudes liées à l’importation de bétail, montrent que les poursuites judiciaires sont engagées sans distinction de statut. Ce phénomène, qui a connu une ampleur sans précédent durant les deux décennies du règne d’Abdelaziz Bouteflika (1999-2019), a conduit l’actuel président de la République à faire de la lutte contre la corruption une priorité majeure, inscrite dans ses deux programmes électoraux.
Depuis son accession à la tête de l’État, l’Algérie mène une politique active de lutte contre la corruption à travers des réformes juridiques et institutionnelles, notamment avec la création de la Haute-Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC). Cette instance a pour mission de promouvoir la transparence et de renforcer le contrôle de la gestion des affaires publiques.
La présidente de cette autorité, Salima Mousserati, a présenté, à la fin du mois de juin dernier, au FMI, les réformes engagées par l’Algérie en matière de transparence, de bonne gouvernance ainsi que les principaux projets liés à la lutte contre la corruption.
Récupération des biens et poursuites judiciaires
Des milliards de dollars en biens fonciers et en unités industrielles ont été récupérés. Des procédures restent en cours afin de rapatrier les fonds transférés à l’étranger. Parallèlement, plusieurs mesures juridiques ont été adoptées pour mettre fin aux pratiques ayant favorisé ces détournements.
Dans ce cadre, des arrestations ont été effectuées, d’importantes sommes d’argent saisies et plusieurs réseaux impliqués dans des affaires de corruption démantelés.
Parmi les mesures ayant contribuéà la sortie de l’Algérie de la liste grise du Gafi, figure l’interdiction du paiement en espèces pour certaines transactions immobilières ainsi que pour l’acquisition de véhicules neufs. Les autorités algériennes ont également renforcé le contrôle des versements en espèces sur les comptes bancaires.
Des résultats chiffrés
Lors de la session du Gafi à laquelle ont participé le ministre algérien des Finances, Abdelkrim Bouzred, et le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohammed Lamine Lebbou, les délégations présentes ont salué les résultats obtenus par l’Algérie.
Elles ont estimé que ces résultats «constituent une démonstration concrète de la volonté politique du pays, de l’efficacité de ses réformes et de son attachement au respect des standards internationaux les plus exigeants en matière d’intégrité financière et de transparence économique».
Selon ces mêmes délégations, les «avancées majeures réalisées par le pays dans le renforcement de son dispositif national de prévention et de lutte contre la criminalité financière confortent davantage la confiance de la communauté internationale dans la solidité et la résilience du système financier algérien».
Entre 2020 et 2024, 159 interdictions de sortie du territoire national (ISTN) ont été prononcées dans le cadre de procédures judiciaires liées à la lutte contre la corruption. Elles font suite à 5 309 signalements ayant donné lieu à 68 dossiers transmis à la justice.
Outre ces 159 ISTN, les opérations menées ont également abouti au gel de 33 comptes bancaires et à 16 saisies immobilières. Ces chiffres ont été communiqués par l’Office central de répression de la corruption (OCRC).
H.A.
