Entre soutien à l’investissement, modernisation de l’administration et diversification de l’économie, les partis exposent des visions distinctes mais convergentes sur la nécessité d’améliorer le cadre de vie et de stimuler la croissance.
À l’approche des élections législatives du 2 juillet, les différentes formations politiques placent le développement local et la relance économique au cœur de leurs programmes. Amélioration du cadre de vie, modernisation des infrastructures, soutien à l’investissement et diversification de l’économie figurent parmi les principales priorités mises en avant durant cette campagne électorale.
À chacune de ses sorties sur le terrain, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, affirme que le renforcement du développement durable figure parmi les principaux engagements de sa formation politique. Insistant sur la dimension sociale de l’État, elle dénonce l’affaiblissement du secteur public et l’aggravation des inégalités sociales. La préservation et le renforcement des acquis sociaux constituent, selon le PT, une ligne rouge à ne pas franchir.
Sur le plan économique, le programme du PT repose sur le soutien à l’économie nationale dans des secteurs stratégiques tels que l’industrie, l’agriculture, la pêche et les autres activités créatrices de richesse. «Nous devons travailler à immuniser le pays et à réduire au maximum la dépendance au marché mondial en assurant notamment notre propre sécurité alimentaire, car il en va de la sécurité nationale», a estimé Louisa Hanoune.
La secrétaire générale du PT critique également les blocages bureaucratiques qui entravent la bonne gouvernance. Le parti plaide pour une accélération des réformes, notamment à travers la création d’un ministère de la Planification chargé de définir les priorités de développement à l’échelle nationale, en tenant compte des spécificités de chaque wilaya.
Le Parti des travailleurs regrette, par ailleurs, que les classes moyennes et les catégories les plus modestes continuent de supporter une forte pression fiscale, alors que l’impôt sur la fortune, bien qu’existant, n’est toujours pas appliqué. Sa feuille de route insiste ainsi sur la nécessité de mettre en œuvre cet impôt de manière effective.
Le RND prône le renforcement du contrôle
De son côté, le Rassemblement national démocratique considère la relance du développement local comme la pierre angulaire de la croissance économique. Dans son programme, le parti préconise la multiplication des projets de proximité afin d’améliorer le cadre de vie des citoyens.
Sur le plan économique, le RND met l’accent sur le renforcement des organes de contrôle grâce à la généralisation de la numérisation et à l’amélioration de la transparence financière. Le parti plaide également pour l’accélération de la transformation numérique, la décentralisation et la simplification des procédures administratives, notamment dans le domaine de l’investissement.
Le RND préconise aussi la relance des activités productives du secteur industriel, en particulier dans les industries de transformation, tout en encourageant le développement des petites et moyennes entreprises ainsi que de la sous-traitance industrielle. La promotion du produit national figure également parmi ses priorités, avec l’objectif de renforcer sa compétitivité et de réduire progressivement la dépendance aux importations.
Estimant que certaines lenteurs persistent dans le processus décisionnel, le parti propose la création d’un organe régional de coordination et de contrôle composé de walis, d’élus locaux et de parlementaires. Cette structure aurait pour mission de mutualiser les ressources, de coordonner les efforts et de favoriser la coopération entre les différents acteurs du développement.
Le FFS mise sur un fonds souverain
Pour sa part, le Front des forces socialistes propose un programme axé sur la justice sociale et le rapprochement entre les institutions et les citoyens. Sur le plan économique, le parti défend une diversification accélérée de l’économie nationale en orientant une partie des revenus des hydrocarbures vers l’industrie, le tourisme et l’économie de la connaissance.
Le programme du FFS prévoit également la protection de la souveraineté économique, la promotion de l’innovation et le soutien aux initiatives créatrices de richesse. Le parti propose la création d’un fonds souverain alimenté par les recettes issues des hydrocarbures afin de financer des projets structurants pour l’économie nationale.
Le FFS insiste également sur la nécessité d’un code de l’investissement stable, transparent et attractif. Comme l’a expliqué son premier secrétaire, Youcef Aouchiche, le parti entend proposer un nouveau modèle économique permettant à l’économie nationale d’accélérer son développement. Cet objectif passe, selon lui, par une rupture avec la logique de rente et la levée des obstacles bureaucratiques qui freinent l’investissement et la création de richesse.
S. Smati
