Pour préparer l’après-pétrole et consolider les bases du développement national, la Présidence de la République a annoncé la création prochaine du Haut-Conseil des scientifiques et des chercheurs algériens ainsi que de l’Agence nationale d’archéologie. Composées de figures scientifiques nationales et de compétences issues de la diaspora, ces deux structures auront pour vocation
d’éclairer les décisions stratégiques de l’État.
Véritables «boîtes à idées» adossées au sommet de l’État, elles auront pour mission d’alimenter l’action publique. La première devra promouvoir la science, la recherche et l’innovation afin d’accompagner le développement socio-économique du pays. La seconde s’inscrit dans une démarche de préservation, de sauvegarde et de valorisation du patrimoine archéologique et historique national.
La création du Haut-Conseil répond à une volonté de restructuration de la gouvernance stratégique, en plaçant l’expertise, la connaissance et la souveraineté au cœur de la décision publique. Cette instance de haut niveau vise à mobiliser les compétences nationales, notamment celles établies à l’étranger, pour soutenir les grandes orientations de développement.
Des réservoirs d’expertise et d’innovation
Ces institutions peuvent être considérées comme des réservoirs d’idées. Leur rôle consiste à recueillir, centraliser et évaluer des propositions innovantes destinées à améliorer l’action publique, initier de nouveaux projets ou répondre à des défis émergents. Elles favorisent ainsi l’intelligence collective en permettant aux experts de formuler directement recommandations et solutions.
Dans un contexte mondial en mutation rapide, l’État est confronté à des défis structurels majeurs : modernisation de l’économie, montée en gamme de la production nationale, transition numérique et écologique, tout en préservant les équilibres sociaux et financiers.
Ces transformations impliquent plusieurs axes stratégiques : réduction de la dépendance aux hydrocarbures, développement d’une industrie à forte valeur ajoutée et meilleure intégration dans les échanges internationaux à travers la valorisation des ressources locales. Elles supposent également une adaptation du système éducatif aux exigences du marché mondial du travail, notamment dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques, ainsi qu’un renforcement du système de santé pour garantir une main-d’œuvre qualifiée et performante.
De l’idée au projet concret
Le fonctionnement de ces dispositifs repose sur l’échange et l’évaluation des idées. Les propositions jugées pertinentes peuvent être analysées, testées puis transformées en projets concrets. Leur valeur réside dans leur capacité à structurer l’innovation dans un processus continu, reliant expertise et décision publique.
Au-delà de la performance administrative, ces mécanismes traduisent une volonté croissante d’ouverture et de valorisation des compétences. Ils permettent également de détecter les signaux faibles, d’anticiper les mutations et de renforcer la qualité de la décision publique.
Les expériences internationales montrent que les États entretenant un dialogue constant avec leurs experts améliorent la confiance institutionnelle et l’efficacité de l’action publique. La réactivité demeure essentielle : chaque contribution doit recevoir une réponse, qu’elle soit retenue ou non.
Un nouvel horizon pour le pays
La «boîte à idées» n’a pas disparu. Elle s’est transformée. D’un simple dispositif consultatif, elle devient un outil structurant de l’intelligence collective. Certains pays s’appuient sur des think tanks pour éclairer leurs politiques publiques, d’autres utilisent des instruments d’évaluation pour mesurer l’efficacité de l’action gouvernementale.
Dans le domaine de l’intelligence artificielle, l’Algérie accélère également son intégration des nouvelles technologies, avec l’ambition que l’IA contribue à hauteur de 7% au PIB d’ici à 2027, en tant que levier de transformation économique et sociale.
H.A.
