Entre son élection à un poste clé au sein d’une instance africaine de lutte contre la corruption, sa désignation pour présider l’Ecosoc et son retrait de la liste grise du Gafi, l’Algérie consolide son poids diplomatique et financier.
Dans un contexte mondial marqué par une recomposition des équilibres de gouvernance, l’Algérie consolide son positionnement international à travers trois évolutions majeures touchant les sphères diplomatique, financière et africaine, confirmant ainsi la montée en puissance de son rôle sur plusieurs fronts stratégiques.
L’Algérie a renforcé son ancrage institutionnel en étant élue deuxième vice-présidente du bureau exécutif de l’Union africaine des autorités de lutte contre la corruption pour un mandat de quatre ans. Cette élection est intervenue en marge de l’Assemblée générale de l’Union, tenue, jeudi, à Nairobi (Kenya), selon un communiqué de la Haute- Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption. La candidature algérienne a obtenu 26 voix sur les 30 exprimées.
Cette large adhésion traduit la reconnaissance des États africains envers l’expérience algérienne en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption. Les travaux de l’Assemblée ont porté sur le renforcement de la coopération continentale et le partage des bonnes pratiques, avec un accent particulier sur les partenariats internationaux.
Les représentants de la Haute- Autorité ont réaffirmé l’engagement de l’Algérie à accompagner les pays africains dans leurs efforts de lutte contre la corruption, notamment à travers l’échange d’expériences et la valorisation de l’expertise nationale acquise depuis 2022 au sein du bureau exécutif de l’Union.
Selon plusieurs experts, ce résultat confirme l’intégration progressive de l’Algérie dans les mécanismes africains de transparence et de gouvernance institutionnelle.
Appel à présider l’Ecosoc
Dans le prolongement de ce renforcement du positionnement algérien au sein des espaces de gouvernance internationale, le Groupe des ambassadeurs africains à New York a désigné à l’unanimité l’ambassadeur Amar Bendjama pour assurer la présidence du Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc) pour la période 2026-2027.
Cette désignation illustre le poids diplomatique de l’Algérie au sein de la représentation africaine dans l’un des principaux organes onusiens chargés des questions de développement et de gouvernance économique mondiale.
Cette nomination, qui devra être formalisée par les États membres le 23 juillet 2026, intervient dans un contexte international marqué par des défis économiques et géopolitiques croissants.
Le diplomate algérien a souligné l’importance de renforcer la coordination africaine et de promouvoir une voix unifiée au sein des instances internationales.
Parmi les priorités annoncées, figurent la réforme de l’architecture financière internationale, la gestion de la dette, la lutte contre la pauvreté, la réduction des inégalités ainsi que le renforcement de l’efficacité de l’Ecosco.
Retrait de la liste grise du Gafi
Sur le plan financier, le Groupe d’action financière (Gafi) a officiellement retiré l’Algérie de sa liste grise après l’évaluation positive des réformes engagées dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Ce retrait consacre les efforts déployés par les autorités algériennes pour moderniser le cadre juridique et renforcer les mécanismes de contrôle financier, conformément aux standards internationaux.
Les experts estiment que cette décision constitue un signal fort adressé aux investisseurs internationaux. Elle est susceptible d’améliorer le climat des affaires, de faciliter les transactions financières et de renforcer l’attractivité économique du pays.
À travers ces trois avancées simultanées, l’Algérie confirme une dynamique d’influence croissante, alliant diplomatie multilatérale, leadership africain et consolidation de sa crédibilité financière sur la scène internationale.
Synthèse Smail R.
