Les pouvoirs publics entendent ériger une barrière hermétique pour sécuriser les produits importés.
Intervenant quelques jours seulement après le Conseil des ministres du 7 juin 2026, au cours duquel le président de la République a donné des instructions fermes, le Premier ministre, SifiGhrieb, a présidé, mercredi, une réunion du Conseil interministériel consacrée à la mise en place d’un système national intégré de contrôle des marchandises aux frontières.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer la surveillance des produits destinés à la consommation et à mieux équiper les laboratoires implantés dans les principaux points d’entrée du territoire. L’objectif est de doter le pays d’un dispositif plus cohérent, plus réactif et capable d’assurer une vérification rigoureuse de la conformité des marchandises importées avant leur mise sur le marché. L’enjeu est à la fois sanitaire, économique et réglementaire.
Harmoniser l’action gouvernementale
Moins de 24 heures après cette réunion, un groupe de travail technique multisectoriel a été mis en place à l’issue d’une rencontre conjointe ayant réuni le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudane, la ministre du Commerce intérieur et de la Réglementation du marché national, Amal Abdelatif, ainsi que le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid.
Selon un communiqué conjoint, la mission de ce groupe consiste à définir les mesures nécessaires pour assurer une meilleure coordination entre les structures concernées, selon une méthodologie commune. Il s’agit notamment de mettre en place un réseau national de laboratoires spécialisés dans le contrôle de conformité des produits importés, tout en les dotant de moyens scientifiques et techniques de haute précision.
Le groupe est également chargé d’élaborer et d’appliquer des normes algériennes unifiées relatives aux produits importés destinés à la consommation locale. L’objectif est de fixer un cadre technique plus strict, d’unifier les critères de conformité et de renforcer la protection du consommateur contre les produits non conformes ou potentiellement dangereux.
Ce futur dispositif permettra, en outre, d’assurer un suivi en temps réel des capacités analytiques des laboratoires et d’orienter les échantillons vers les structures les plus compétentes. Une démarche qui vise à améliorer l’efficacité du système national de contrôle et à consolider la sécurité sanitaire et alimentaire du pays.
Optimisation des capacités de contrôle
Lors de la réunion, le ministre de la Santé a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités nationales en matière d’analyse et de contrôle sanitaire, ainsi que de développer des mécanismes de détection précoce des risques liés aux produits importés. L’objectif est de garantir leur conformité aux normes en vigueur et de protéger la santé publique.
Il a également souligné l’importance de mettre en place un réseau national unifié regroupant les différents laboratoires à l’échelle du pays. Ce dispositif permettrait d’améliorer la coordination, le partage des données et des expertises, ainsi que l’utilisation optimale des ressources humaines et techniques disponibles.
Enfin, ce système intégré assurerait un suivi en temps réel des capacités analytiques et une orientation plus efficace des échantillons vers les laboratoires spécialisés, contribuant ainsi à renforcer l’efficacité du dispositif de contrôle et la sécurité sanitaire nationale.
S. Smati
