Déterminé à préserver les terres agricoles et forestières, le gouvernement réaffirme son refus de toute conversion de foncier fertile au profit de projets publics.
Le Premier ministre, SifiGhrieb, a présidé, hier, une réunion du gouvernement consacrée à l’examen de plusieurs dossiers stratégiques, notamment l’implantation de projets publics sur des assiettes foncières à caractère agricole ou forestier, le projet de feuille de route relatif au développement des centres d’appels en Algérie, ainsi qu’une communication sur la Contribution déterminée au niveau national (CDN) de l’Algérie au titre de l’accord de Paris sur les changements climatiques, indique un communiqué des services du Premier ministre.
La préservation du foncier agricole a occupé une place centrale lors de cette réunion. Le gouvernement a examiné les mécanismes permettant de concilier les besoins croissants en infrastructures publiques et en investissements avec l’impératif de protection des terres agricoles et forestières.
Dans ce cadre, il a insisté sur la nécessité de privilégier systématiquement les terrains non agricoles et non forestiers pour l’implantation des nouveaux projets. Cette orientation vise à préserver le patrimoine foncier productif du pays, considéré comme un pilier essentiel de la sécurité alimentaire nationale.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des orientations du président de la République, qui avait rejeté catégoriquement, lors d’un Conseil des ministres tenu en octobre dernier, toute conversion de terres agricoles fertiles à des fins d’urbanisation ou de réalisation de projets publics.
Le chef de l’État avait alors enjoint au gouvernement d’«adopter d’autres mécanismes pour créer des zones foncières adaptées à ces projets, à condition que ces terres ne soient pas propices à l’agriculture», tout en privilégiant l’identification de terrains non cultivables.
«Les terres agricoles doivent rester consacrées à la production», avait-il insisté, soulignant que leur préservation constitue une condition indispensable à l’atteinte des objectifs d’autosuffisance alimentaire.
Cette orientation vise également à consolider la stratégie nationale de développement du secteur agricole, dont l’objectif principal est d’assurer la sécurité alimentaire du pays. Les autorités entendent, par ailleurs, préserver le patrimoine forestier national, dont le rôle est déterminant dans la lutte contre la désertification, la préservation de la biodiversité et le maintien des équilibres environnementaux.
Les centres d’appels, un secteur à fort potentiel
Le gouvernement s’est également penché sur le projet de feuille de route dédié au développement des centres d’appels en Algérie. L’objectif est de favoriser l’investissement dans ce secteur à forte employabilité et de faire de l’Algérie, grâce à ses avantages compétitifs, un hub régional de l’externalisation des services d’appels, tout en contribuant aux objectifs de création d’emplois à l’horizon 2027.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification économique et de promotion des activités de services à forte valeur ajoutée.
Elle prolonge les efforts déjà engagés par le ministère de la Poste et des Télécommunications. En décembre dernier, le ministre Sid Ali Zerrouki avait réuni les opérateurs économiques du secteur afin d’identifier les contraintes rencontrées et d’examiner les moyens d’accélérer le développement de cette activité.
Les centres d’appels sont, en effet, considérés comme un important levier de création d’emplois, notamment pour les jeunes diplômés et les profils multilingues.
Engagement renouvelé face aux défis climatiques
Enfin, le gouvernement a entendu une communication relative à la contribution déterminée au niveau national de l’Algérie dans le cadre de l’accord de Paris sur les changements climatiques. Ce document constitue l’instrument par lequel chaque pays définit ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux effets du changement climatique.
À cette occasion, il a été rappelé que l’Algérie figure parmi les pays particulièrement exposés aux effets du dérèglement climatique, notamment la désertification, le stress hydrique et les sécheresses récurrentes.
Les politiques engagées concernent notamment la gestion durable des ressources en eau, le développement des énergies renouvelables, la protection des écosystèmes forestiers et la promotion de modes de production plus respectueux de l’environnement.
Face à ces défis, l’Algérie réaffirme, à travers sa Contribution déterminée au niveau national, son engagement en faveur des objectifs de l’accord de Paris et sa volonté de promouvoir un modèle de développement résilient, inclusif et sobre en carbone.
Synthèse Smail R.
