«Seule la participation efficace peut imposer le changement et les visions que nous défendons», a plaidé Youcef Aouchiche.
Placée sous le slogan «un pacte d’honnêteté et de crédibilité», la campagne électorale du Front des forces socialistes a été lancée hier dans son siège d’Alger, à travers une conférence de presse au cours de laquelle son premier responsable a présenté le programme du parti pour les élections législatives du 2 juillet.
Le premier secrétaire national du FFS, Youcef Aouchiche, a ouvert la conférence en expliquant que le programme du parti repose sur des «principes visant à donner une nouvelle image des institutions élues», soulignant que le prochain Parlement «doit être un outil pour exprimer les espoirs et les aspirations des Algériens».
Il a indiqué que son parti participe à ces élections avec «26 listes au niveau national et 4 listes dans les circonscriptions de la communauté nationale à l’étranger», ajoutant qu’elles sont composées de «militants engagés, imprégnés des valeurs du parti, qui œuvreront pour faire de ces élections un succès», considérées comme
«une étape nationale importante».
Concernant le programme, le responsable, sans prétendre résoudre les problèmes à lui seul, a expliqué qu’il s’agit d’«un plaidoyer politique pour un État de droit, des libertés, des droits et de la justice sociale». Youcef Aouchiche a précisé que parmi les mesures proposées, figure un axe «sociétal ambitieux» visant à défendre le pouvoir d’achat, à augmenter la valeur des aides sociales, à réviser le système de retraite, à renforcer la surveillance du marché et à adapter les programmes de formation aux besoins du marché du travail.
Le programme comprend également des propositions concernant l’éducation, la recherche et l’enseignement supérieur, notamment
«l’augmentation du budget» de ces secteurs, ainsi que d’autres mesures économiques telles que le renforcement de l’économie numérique et une attention particulière portée à l’environnement, considéré comme l’une des «priorités défendues par le Front des forces socialistes».
Participation efficace
Pour le conférencier, ce programme constitue un message d’espoir pour tous ceux qui refusent le statu quo et l’immobilisme. C’est pourquoi, durant cette campagne, le message sera adressé en priorité à cette catégorie. Selon Aouchiche, seule une participation efficace peut imposer le changement et les visions défendues par son parti.
Il a réaffirmé que le changement démocratique, la justice sociale et la souveraineté nationale restent des objectifs réalisables avec des citoyens organisés et sensibilisés autour d’un programme politique national responsable et consensuel, ajoutant que les défis actuels imposent à tous d’aller dans cette direction, même si cela nécessite parfois des concessions.
Réquisitoire contre l’Anie
Abordant le processus électoral, Youcef Aouchiche a critiqué l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), estimant qu’elle n’a pas rempli ses missions comme il se doit. «Je le dis en toute responsabilité», a-t-il affirmé. Selon lui, elle a failli dans la gestion de cette étape qui devait permettre de reconstruire la confiance entre le citoyen et les institutions. Outre les listes rejetées sans motif valable, il a indiqué
qu’«à ce jour, trois listes du parti n’ont pas encore été validées».
Réhabiliter les missions de l’APN
Le premier secrétaire du FFS a précisé que le parti défend avant tout le principe de la règle et de l’équité, conditions nécessaires pour un processus électoral garantissant transparence, équité et égalité des chances entre les candidats. Selon lui, cette égalité des chances n’existe pas aujourd’hui, ni dans la loi ni dans la pratique.
C’est pourquoi le parti ambitionne de disposer d’un groupe parlementaire conséquent, qui lui permettra de faire évoluer la situation, à commencer par l’abrogation de l’article 200 de la loi électorale. Cet article, selon Aouchiche, «permet l’ingérence de cercles extra-politiques dans le processus électoral et dans le choix souverain des partis politiques et des indépendants».
Il a également souligné qu’il ne s’agit pas de promesses liées au développement local, mais de réhabiliter les missions essentielles de l’Assemblée populaire nationale. Pour lui, l’Algérie a besoin d’une assemblée forte et représentative.
S. Smati
