La scène politique nationale entrera, à partir de demain mardi, dans une nouvelle phase décisive avec le lancement officiel de la campagne électorale des législatives du 2 juillet prochain. Pendant vingt et un jours, jusqu’au 28 juin, partis politiques, alliances et listes indépendantes investiront les espaces publics et les médias audiovisuels pour tenter de convaincre un corps électoral de plus de 24,7 millions d’électeurs de la pertinence de leurs programmes et de leurs propositions pour la prochaine législature.
Cette campagne marque le véritable coup d’envoi de la compétition pour le renouvellement de l’Assemblée populaire nationale (APN). Elle intervient dans un contexte où les autorités mettent en avant la consolidation des institutions représentatives et le renforcement du processus démocratique.
Les candidats disposeront ainsi de trois semaines pour exposer leurs visions politiques, économiques et sociales, défendre leurs projets et solliciter la confiance des citoyens pour les cinq prochaines années de la 10e législature.
Plus de 24 727 000 électeurs recensés par l’ANIE
Selon les données de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), le corps électoral compte 24 727 041 électeurs, dont 23 872 756 à l’intérieur du pays et 854 285 membres de la communauté nationale établie à l’étranger. Un électorat important que les différentes formations politiques tenteront de mobiliser à travers meetings populaires, rencontres de proximité, débats et campagnes de communication.
Les préparatifs organisationnels et techniques finalisés
Afin d’assurer le bon déroulement de cette échéance, l’ANIE a finalisé l’ensemble des préparatifs organisationnels et techniques. L’instance électorale a notamment procédé au tirage au sort des créneaux horaires d’intervention des candidats dans les médias audiovisuels publics lors d’une cérémonie organisée au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal d’Alger.
Présidée par Karim Khelfane, président par intérim de l’ANIE, en présence du ministre de la Communication, Zoheir Bouamama, du président de l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA), ainsi que de représentants des institutions et des candidats, cette opération vise à garantir une stricte égalité de traitement entre tous les concurrents.
Les numéros attribués lors du tirage au sort serviront d’identifiants des candidats
Chaque intervention directe dans les médias publics sera limitée à trois minutes conformément à la réglementation en vigueur. Les numéros attribués lors du tirage au sort serviront également de numéros d’identification officiels sur les bulletins de vote et dans les espaces publics réservés à l’affichage électoral. Les partis politiques se verront attribuer les numéros de 1 à 34, tandis que les alliances disposeront d’une numérotation spécifique.
Mobilisation des médias dans l’équité
Dans le même cadre, l’ANIE a invité les listes concernées par les enregistrements dans les médias audiovisuels publics à transmettre à l’avance les noms des candidats appelés à intervenir. Ces derniers devront être munis d’une autorisation officielle délivrée par leur parti ou leur liste indépendante précisant la chaîne concernée, la date de diffusion et le créneau horaire retenu.
Les médias nationaux seront mobilisés pour accompagner cette échéance dans le respect des principes de pluralisme, de neutralité et de professionnalisme. L’ANIRA a d’ailleurs appelé les médias audiovisuels publics et privés à observer strictement les règles juridiques et déontologiques encadrant la couverture du processus électoral, tout en affirmant sa détermination à intervenir en cas de manquements susceptibles de porter atteinte à l’intégrité de l’information électorale.
La Radio algérienne a, de son côté, achevé ses préparatifs pour accueillir les candidats. Trois studios numériques ont été mobilisés pour l’enregistrement de quelque 2 400 messages d’expression libre de trois minutes chacun qui seront diffusés sur les différentes chaînes nationales durant la campagne. Des équipes techniques spécialisées ont été déployées afin de garantir la qualité des enregistrements et le respect du calendrier arrêté sous la supervision de l’ANIE.
Préserver l’intégrité du scrutin et l’égalité des chances
Cette campagne se déroulera sous l’encadrement d’un dispositif juridique renforcé destiné à préserver l’intégrité du scrutin et l’égalité des chances entre les candidats. La loi organique relative au régime électoral fixe des règles strictes quant au contenu du discours électoral. Toute instrumentalisation des constantes nationales, tout discours de haine, de division ou de régionalisme ainsi que toute exploitation partisane des fondements de l’identité nationale sont prohibés. L’usage des langues étrangères durant la campagne est également interdit.
Dans le souci de préserver la neutralité de l’administration, la législation interdit l’utilisation à des fins électorales des moyens et infrastructures de l’État, notamment les établissements publics, éducatifs, universitaires ou encore les lieux de culte.
Les assemblées populaires communales (APC) sont, pour leur part, tenues de mettre à la disposition de toutes les listes des espaces d’affichage de dimensions identiques afin de garantir une visibilité équitable aux différents candidats.
La transparence financière, un axe central de l’encadrement de la campagne
La transparence financière constitue également un axe central de l’encadrement de cette campagne. L’ANIE a appelé l’ensemble des listes à désigner un trésorier de campagne chargé d’ouvrir un compte bancaire unique destiné à recevoir et gérer les ressources financières autorisées.
Le législateur limite les sources de financement aux contributions des partis politiques, aux apports personnels des candidats et aux dons consentis par des citoyens en leur qualité de personnes physiques. Tout financement étranger ou provenant de personnes morales demeure strictement interdit.
Les dépenses de campagne feront l’objet d’un contrôle rigoureux par les instances compétentes. Les candidats seront notamment tenus de présenter un bilan détaillé de leurs dépenses et recettes dans les délais prévus par la loi après la proclamation des résultats.
Un silence électoral de 72 heures dès le 28 juin et RDV le 2 juillet aux urnes
La campagne prendra fin le 28 juin à minuit. S’ouvrira alors une période de silence électoral de 72 heures durant laquelle toute activité de propagande et toute publication de sondages seront interdites.
Cette phase doit permettre aux électeurs de réfléchir librement avant de se rendre aux urnes le 2 juillet prochain pour choisir leurs représentants à l’Assemblée populaire nationale.
R.N
