À travers la réforme du guichet unique, les autorités veulent réduire les lourdeurs administratives et transformer ce flux d’investissements en projets concrets et créateurs d’emplois.
La presse italienne met en lumière une transformation rapide du climat des affaires en Algérie, estimant que les autorités misent sur la simplification des procédures administratives et le renforcement du guichet unique afin de positionner le pays comme une destination plus attractive pour les investissements nationaux et étrangers.
Selon les données relayées, plus de 20 000 projets d’investissement ont été enregistrés, pour une valeur globale estimée à plus de 9 000 milliards de dinars, soit environ 62,5 milliards d’euros.
Dans son analyse du paysage économique algérien, Africa e Affari souligne que ces chiffres traduisent une dynamique importante de mobilisation de l’investissement. Toutefois, l’enjeu majeur reste la transformation de ces projets enregistrés en réalisations concrètes et productives. Le rapport estime, par ailleurs, que ces investissements pourraient générer plus de 525 000 emplois, illustrant ainsi la volonté des autorités de diversifier l’économie nationale au-delà de la dépendance aux hydrocarbures.
Le rôle central du guichet unique
Cette analyse intervient à la suite de la supervision par le Premier ministre d’une journée d’information organisée par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), sous le thème «Le guichet unique : de l’idée à la réalisation». Cette rencontre est présentée comme une étape importante dans la mise en œuvre des réformes visant à améliorer le climat des affaires, à accélérer le traitement des dossiers et à clarifier les délais d’octroi des autorisations.
Le guichet unique est désormais présenté par les autorités comme l’outil central de modernisation de la relation entre l’investisseur et l’administration. Il repose sur la centralisation des procédures, la réduction des intermédiaires et le renforcement de la coordination intersectorielle. Cette approche ne se limite pas à une simplification administrative, mais vise une réforme structurelle de la gestion de l’investissement afin d’offrir davantage de visibilité et de prévisibilité aux investisseurs.
Sur le plan économique, l’enjeu est particulièrement important : la performance du système d’investissement ne dépend pas uniquement de la capacité à attirer des projets, mais surtout de la rapidité avec laquelle ceux-ci sont transformés en décisions administratives, en réalisations concrètes et en activités productives génératrices de valeur et d’emplois. Dans ce cadre, le renforcement des prérogatives des représentants sectoriels au sein du guichet unique apparaît comme un levier essentiel pour réduire les délais et améliorer l’efficacité administrative.
Une stratégie économique souveraine
Le Premier ministre a également souligné que le développement du système national d’investissement s’inscrit dans une vision économique souveraine visant à adapter l’économie algérienne aux mutations internationales. Cette orientation passe notamment par la restructuration de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et par la révision du cadre législatif sectoriel.
Créée en 2022 à la suite de la promulgation de la nouvelle loi sur l’investissement, l’Agence algérienne de promotion de l’investissement constitue un acteur central de cette stratégie. Elle assure l’accueil des investisseurs, l’accompagnement des projets, la centralisation des procédures administratives ainsi que la gestion des incitations fiscales et financières.
Si le volume de plus de 20 000 projets témoigne de l’attractivité du marché algérien, il soulève également un défi majeur : transformer cette dynamique en projets effectivement réalisés, capables de réduire les importations, de stimuler les exportations et de renforcer le tissu industriel national. La véritable valeur de ces investissements réside ainsi dans leur taux de concrétisation.
Une nouvelle image du climat des affaires
L’Algérie entend consolider une nouvelle image de son climat des affaires en misant sur une réforme articulée autour de trois priorités : la simplification des procédures, la clarification des délais administratifs et la mise en place d’un dispositif unique d’accompagnement des investisseurs.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte international marqué par un regain d’intérêt des investisseurs européens pour les marchés de proximité, dans un environnement économique en recomposition, notamment sous l’effet des nouvelles chaînes de valeur mondiales. Dans ce cadre, l’Algérie affiche des ambitions élevées.
R.E
