À l’occasion du 1er Mai, le Front des forces socialistes (FFS) a placé en tête de ses revendications sociales la nécessité de «porter le salaire national minimum garanti à 40 000 DA», dans un contexte marqué, selon lui, par «l’érosion continue du pouvoir d’achat» et la précarité croissante des travailleurs.
Dans un communiqué rendu public à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le parti souligne que malgré «d’importantes revalorisations sociales enregistrées ces dernières années», la situation demeure préoccupante.
Le FFS estime que «le travailleur algérien demeure confronté à des conditions sociales de plus en plus difficiles», pointant également «l’insuffisance des mécanismes de protection sociale». Le parti impute cette situation à «une gestion à courte vue», plaidant pour «l’élaboration consensuelle d’un nouveau modèle économique et social», fondé notamment sur «le renforcement de l’autosuffisance nationale» et «la consolidation de notre indépendance économique», considérée comme «l’un des piliers essentiels de la souveraineté nationale».
Outre la revalorisation du SNMG, le FFS avance une série de mesures sociales, dont «l’augmentation de la valeur du point indiciaire», «une nouvelle révision du barème de l’impôt sur le revenu global» et le renforcement de la protection sociale avec «un accès équitable aux droits fondamentaux (santé, allocations familiales, retraite)». Le parti appelle également à «réviser la nomenclature des métiers à risque», à «réhabiliter et réintégrer les travailleurs licenciés abusivement» et à «intégrer et titulariser les détenteurs de diplômes de magister et de doctorat».
Sur le plan des libertés, le FFS insiste sur le lien entre justice sociale et droits syndicaux, affirmant qu’«il n’y a pas de justice sociale sans libertés syndicales». Il critique les lois encadrant les syndicats et les associations qui, selon lui, «tendent à les restreindre et à les vider de leur substance», traduisant «une volonté pernicieuse de contrôle de la société». Le parti dénonce, par ailleurs, «les atteintes répétées aux libertés syndicale» et juge «inacceptable de poursuivre des syndicalistes en justice pour des faits fallacieux».
Il cite notamment le cas du Cnapeste, qui serait, selon le communiqué, «harcelé judiciairement pour en changer l’orientation, sous peine de dissolution». Dans ce contexte, le FFS appelle les citoyens à «résister face aux tentations d’abandon et de démission, à adhérer aux associations et aux syndicats et à refuser leur affaiblissement ou leur dépolitisation», estimant que ces structures constituent «des leviers essentiels de défense des droits et de construction démocratique».
Pour le FFS, «les associations et l’ensemble des organisations autonomes sont des piliers de l’équilibre démocratique et de la cohésion sociale». «Les affaiblir, c’est fragiliser l’État et exposer la société à toutes les dérives», avertit le plus vieux parti de l’opposition.
Réaffirmant enfin son attachement à «la dignité des travailleurs, la justice sociale et les libertés démocratiques», le FFS conclut en assurant qu’il restera mobilisé «aux côtés des travailleurs et de toutes les forces vives de la nation» pour défendre leurs droits et aspirations.
S. Mekla
