Le chef de l’État a insisté sur le fait que la solidité de l’Organisation repose avant tout sur ses piliers historiques, mettant en avant le rôle central de l’Arabie saoudite, en tant que membre fondamental de l’OPEP.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a minimisé l’impact du retrait des Émirats arabes unis de l’organisation OPEP+, qualifiant cette décision de «non-événement». Une formule volontairement tranchée, qui traduit une lecture pragmatique des équilibres pétroliers mondiaux, jugés stables malgré ce départ symbolique.
S’exprimant lors de sa rencontre périodique avec les médias, diffusée par la Télévision algérienne, le chef de l’État a insisté sur le fait que la solidité de l’Organisation repose avant tout sur ses piliers historiques.
À ce titre, il a mis en avant le rôle central de l’Arabie saoudite, décrite comme «le pilier fondamental de l’OPEP», soulignant ainsi la prééminence de Riyad dans la régulation du marché mondial.«Le pays arabe qui constitue le pilier fondamental de l’OPEP, c’est le royaume d’Arabie saoudite sœur, point à la ligne», a-t-il asséné.
Une organisation résiliente
Pour Alger, la capacité de l’OPEP+ à influencer les prix ne dépend pas du nombre de ses membres, mais de la cohésion de son noyau dur et de sa facultéà ajuster l’offre pétrolière en fonction des fluctuations de la demande.
Le retrait des Émirats arabes unis, effectif depuis le début du mois en cours, n’a d’ailleurs pas perturbé le fonctionnement de l’alliance OPEP+. Les discussions se poursuivent normalement, notamment autour d’une augmentation modérée de la production prévue pour juin, signe que les mécanismes de décision restent pleinement opérationnels.
En effet, une réunion de l’OPEP+ est programmée aujourd’hui pour discuter du principe d’un relèvement de la production d’environ 188 000 barils par jour (bpj) en juin, maintenant ainsi son cap malgré le départ des Émirats arabes unis.
En filigrane, le message est clair : pour Alger, tant que le centre de gravité de l’organisation reste inchangé, l’équilibre global du marché pétrolier n’est pas remis en cause. Le départ des Émirats est ainsi perçu comme un ajustement périphérique, sans impact stratégique majeur.
Avec cette position, Alger affiche une lecture mesurée et refuse toute dramatisation. L’OPEP, forte de son expérience, conserve, selon elle, les moyens d’absorber ce type d’évolution sans remise en cause de son rôle central sur la scène énergétique mondiale.
La visite du pape Léon XIV et le débat historique
Sur un autre registre, le président Tebboune est revenu sur la récente visite du pape Léon XIV, qu’il considère comme un moment ayant renforcé la reconnaissance internationale de la profondeur historique de l’Algérie.
À cet égard, il a souligné que cette visite, ainsi que les déclarations franches du souverain pontife, ont confirmé que l’Algérie possède des racines profondément ancrées dans l’histoire, rejetant ce qu’il a qualifié de «mythe du colonisateur» prétendant être à l’origine de la création de l’Algérie.
«Sa Sainteté le pape ne m’a pas livré de message spécial. Il a une connaissance totale et précise de ce qui se passe en Algérie. Il a mis fin au mythe de l’ancien colonisateur qui prétendait que c’est lui qui a créé l’Algérie. Il a dit publiquement que l’Algérie est ancrée dans l’histoire, jusqu’à saint Augustin et même avant saint Augustin», a déclaré le président de la République.
Dans ce cadre, le chef de l’État a affirmé que le pape, lors de sa récente visite, ne lui avait adressé aucun message particulier, soulignant que ce dernier est pleinement informé de la situation en Algérie, mettant en avant la place du pays et la crédibilité de ses positions sur la scène internationale.
Gouvernance et intégrité des élections
Sur le plan intérieur, le Président a insisté sur la nécessité de renforcer la participation des femmes dans la vie politique, estimant que leurs compétences constituent un levier important pour le développement institutionnel.
Il a également réaffirmé avec fermeté l’interdiction de toute ingérence administrative dans les processus électoraux, qu’il juge essentielle pour garantir leur crédibilité. «J’interdis formellement l’ingérence de l’administration dans la substance des élections», a-t-il insisté.
Dans le domaine de la gouvernance économique, Abdelmadjid Tebboune a de nouveau alerté sur les pratiques de surfacturation et de sous-facturation, qu’il présente comme des mécanismes de contournement des lois et de fuite des capitaux.
«L’État est passé de la lutte contre les réseaux de surfacturation à la confrontation d’autres pratiques liées à la sous-facturation», a-t-il déclaré, en référence à certains opérateurs qui tentent de contourner les lois et de transférer des fonds de manière illégale.
Il a rappelé la détermination de l’État à poursuivre la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics, malgré la persistance de ces phénomènes.
Enfin, sur le plan régional, le chef de l’État a évoqué la situation au Mali, exprimant une préoccupation sincère face à la dégradation sécuritaire dans ce pays du Sahel, tout en réaffirmant une approche empreinte de proximité et de solidarité.
Smail Rouha
