La commission intersectorielle pour la maîtrise de l’énergie incarne la volonté de bâtir une gouvernance énergétique moderne, participative et efficace.
Le secteur de l’énergie a franchi une étape décisive avec l’installation officielle de la Commission intersectorielle pour la maîtrise de l’énergie (Cime). Il s’agit de renforcer la gouvernance énergétique, rationaliser la consommation et promouvoir les énergies renouvelables dans le cadre de la transition énergétique mondiale.
Dans une allocution, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a souligné que la commission ne se limite pas à une simple structure administrative, mais incarne une volonté collective de bâtir une gouvernance énergétique moderne, participative et efficace.
Une composition diversifiée
La Cime rassemble un panel d’acteurs, incluant des ministères, des entreprises publiques et privées comme Sonatrach et Sonelgaz, des autorités de régulation, des organismes de normalisation, ainsi que des représentants du monde universitaire et des centres de recherche. Les associations environnementales et de défense des consommateurs y participent également, ce qui fait de la Cime un organe représentatif de tous les acteurs concernés par la politique énergétique nationale.
Mettre fin au cloisonnement
L’un des principaux objectifs de la Cime est d’éliminer le cloisonnement entre les secteurs énergétiques pour renforcer la cohérence de la politique nationale de maîtrise de l’énergie, avec l’Aprue en complément. Sa mission repose sur trois axes : rationalisation de la consommation, amélioration de l’efficacité énergétique et promotion des énergies renouvelables. Les travaux se concentreront sur deux projets clés : l’enrichissement de la stratégie énergétique à l’horizon 2035 et l’étude du programme national 2026-2035, basés sur des scénarios technico-économiques alignés avec la politique du président Abdelmadjid Tebboune.
Le ministre a souligné que les 20 prochaines années seront décisives pour le modèle énergétique du pays. Selon lui, il est impératif d’opérer une transformation profonde du système énergétique actuel, fondé sur les ressources fossiles, pour le faire évoluer vers un modèle durable et à faible émission de carbone. Cette transition reposera sur un équilibre stratégique, combinant l’amélioration de la consommation, le renforcement de l’efficacité énergétique et l’accélération du déploiement des énergies renouvelables.
Un enjeu clé
Moudaj Adjal a souligné que la valorisation optimale des ressources fossiles est cruciale pour la souveraineté et la sécurité énergétiques de l’Algérie, tout en utilisant la transition énergétique pour favoriser le développement futur. La commission assurera un suivi vigilant de la stratégie énergétique nationale, participera à la préparation du schéma directeur et du programme de maîtrise de l’énergie et veillera à leur mise en œuvre conforme aux objectifs. L’Agence nationale de maîtrise de l’énergie sera responsable de l’exécution, avec un bilan annuel présenté à la commission pour évaluer les progrès.
Un nouveau modèle énergétique
Lors de la cérémonie d’installation de la Cime, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a souligné que la mise en place de cette commission s’inscrit dans une vision nationale globale visant à améliorer la gestion de l’énergie et rationaliser sa consommation, dans un contexte de demande nationale croissante et de nécessité de préserver les ressources énergétiques tout en garantissant les équilibres économiques. Il a également évoqué l’importance de répondre aux exigences de la transition énergétique et de la réduction de l’empreinte carbone.
Arkab a précisé que le secteur des hydrocarbures se dirige vers un nouveau modèle énergétique basé sur l’efficacité énergétique et l’exploitation rationnelle des ressources.
Dans le cadre de cette réforme, le ministre a mis en avant le rôle crucial du renforcement de l’efficacité énergétique pour réduire les coûts d’exploitation. Il a souligné que cela libérera des quantités considérables d’hydrocarbures, qui pourront être orientées vers la valorisation industrielle ou l’exportation, tout en contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les projets stratégiques
Mohamed Arkab a également présenté les projets et programmes en cours de mise en œuvre, en collaboration avec le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables. Parmi ces initiatives, le développement de projets solaires sur les sites de Sonatrach, la généralisation des audits énergétiques dans les raffineries et unités de liquéfaction, ainsi que la mise en place d’une stratégie sur l’hydrogène vert en partenariat avec plusieurs acteurs du secteur. Ces projets visent à ouvrir des perspectives d’exportation d’énergie propre dans un futur proche.
En parallèle, il a abordé les efforts entrepris pour réduire le torchage du gaz associé, renforcer les systèmes de surveillance des émissions et développer des technologies de capture et de stockage du carbone. Il a aussi mentionné l’importance de généraliser l’utilisation d’équipements d’éclairage économique dans les installations du secteur énergétique.
Coordination renforcée
Le ministre des hydrocarbures a insisté sur l’importance d’une coordination renforcée entre les différents secteurs pour garantir la réussite de la politique de gestion de l’énergie. Il a salué le rôle de cette commission intersectorielle, qui jouera un rôle clé dans l’unification des efforts et la mise en œuvre d’une politique nationale efficace en matière d’efficacité énergétique, contribuant ainsi à la réalisation du développement durable et à la préservation des ressources pour les générations futures.
Assia M.
