Les traitements administrés à temps retardent de manière significative les complications.
En Algérie, les maladies cardiovasculaires et rénales représentent un problème de santé publique majeur, souvent liées entre elles par des facteurs de risque communs.
L’insuffisance cardiaque et l’insuffisance rénale prévalent, en effet, par une interaction physiopathologique bidirectionnelle, désignée sous le terme de syndrome cardio-rénal. Il existe, néanmoins, des traitements qui retardent de manière significative les complications.
Cette thématique a été au cœur d’une conférence organisée, hier, à l’hôtel AZ, à Vieux Kouba (Alger).
Cette conférence, placée sous le thème «cœur protégé, dialyse retardée, les traitements font la différence» et parrainée par l’Association des laboratoires d’analyses médicales, la Société algérienne de cardiologie et la Société algérienne de médecine générale, a rassemblée un grand panel de praticiens spécialissés en cardiologie, néphrologie et médecine interne. Intervenant à la conférence, le professeur Mohamed Chettibi, chef du service cardiologie du CHU Issaâd-Hassani de Béni Messous (Alger), a indiqué qu’entre 1 et 3% de la population algérienne est concernée par cette pathologie.
Le praticien a précisé que les femmes souffrent plus d’hypertension et de troubles cérébrovasculaires, tandis que les hommes sont davantage exposés aux infarctus du myocarde et à certaines pathologies cardiaques ischémiques.
Le système de soins national est, certes, performant, selon Mohamed Chettibi, l’Algérie dispose de 600 hôpitaux généraux et plus de 110 000 médecins répartis entre public et privé, reste que de son point de vue, les chiffres liés à cette pathologie sont alarmants. Et pour cause, il y a des carences dans le parcours de soins du patient et des efforts restent à faire, a-t-il ajouté. Le professeur est catégorique.
Il existe des alternatives pour le diagnostic et le traitement. Les principaux traitements de l’insuffisance cardiaque sont disponibles en Algérie, assure le Pr Chettibi. Il a estimé, néanmoins, primordial «d’intensifier les efforts pour optimiser le parcours de soins des patients, surtout durant la période qui suit leur première admission à l’hôpital».
L’importance du généraliste
Dans ce parcours de soins, Mohamed Chettibi a estimé que le médecin généraliste devrait être au centre. Ce qui, selon lui, devra faire diminuer le nombre de malades qui arrivent à un stade avancée de la maladie. Il a également insisté sur les moyens de diagnostic d’autant qu’aujourd’hui, les laboratoires d’analyses sont de plus en plus performants. Par ailleurs, les traitements administrés à temps retardent de manière significative les complications de l’insuffisance cardiaque, notamment la détérioration de la fonction rénale.
L’hémodialyse, l’échec de la médecine
Le professeur Farid Haddoum, chef du service néphrologie et hémodialyse au CHU Mustapha-Pacha (Alger), a indiqué que sur 42 500 insuffisants rénaux, 3 500 ont reçu une greffe, 1 000 sont soignés en dialyse péritonéale et 38 000 sont en hémodialyse. «L’hémodialyse chronique est l’échec de la médecine», a affirmé le Pr Farid Haddoum, surtout, a-t-il ajouté, que des médicaments inhibiteurs qui sont disponibles en Algérie protègent.
Le professeur s’est dit convaincu qu’avec cette approche, on pourra aller vers la fermeture des centres de dialyse chronique. Il a, par ailleurs, précisé qu’économiquement, cette approche est plus que bénéfique. Selon lui, ces traitements coûtent entre 35 000 et 70 000 DA par patient par an alors que la dépense de l’hémodialyse vaut 2 millions de dinars par patient par an.
Prévenir et anticiper
Dans son intervention, le Pr Zoubir Sari, spécialiste en médecine interne, a indiqué qu’il est temps qu’on sorte «d’une médecine en silos pour une approche coordonnée sur les fondamentaux de la santé» qui soit préventive et anticipative.
Il a évoqué la prévention primaire qui consisté à maintenir la personne le plus longtemps en bonne santé et la prévention secondaire et tertiaire qui, pour sa part, vise à améliorer le pronostic et la qualité de vie des patients en intervenant plutôt et de manière globale.
S. Smati
