C’est officiel. La date des élections législatives est désormais connue. Elle est fixée au 2 juillet prochain, le président Tebboune ayant signé le décret portant convocation du corps électoral.
«Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé un décret présidentiel portant convocation du corps électoral pour le 2 juillet 2026, en vue de l’élection des membres de l’Assemblée populaire nationale (APN)», dispose le décret publié dimanche soir dans le Journal officiel (JO) Nº 24.
«Une révision exceptionnelle des listes électorales est ouverte, à compter du dimanche 12 avril 2026. Elle est clôturée le dimanche 26 avril 2026», selon la même source. Ces législatives tant attendues seront différentes des précédente dans la mesure où elles seront désormais encadrées par la nouvelle loi organique relative au régime électoral qui est d’ailleurs publiée dans le même journal officiel. D’ores et déjà, le processus est enclenché.
Les partis politiques, nombreux à avoir annoncé leur participation au prochain scrutin législatif et qui avaient depuis quelques semaines entamé les préparatifs pour ce rendez-vous estival, savent désormais à quoi s’en tenir. Pour beaucoup de formations politiques ou de candidats indépendants, et en dépit de quelques « contraintes» atténuées par la nouvelle loi électorale, auront bien des difficultés à réunir les conditions requises pour les candidatures.
Le recours au système des listes va certainement, booster la concurrence mais il comporte le risque de «concurrence déloyale», l’argent sale est «l’achat des voix» rodant toujours dans les parages en dépit des «remparts» tendus à cet effet par l’administration.
La difficulté pour les candidats de réunir les conditions de participation, réside aussi dans les autres critères que vient d’ailleurs de rendre publics, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Dans son communiqué, l’Autorité indique que les listes de candidats, qu’elles soient présentées sous l’égide d’un ou de plusieurs partis politiques ou à titre de listes indépendantes, doivent répondre à plusieurs conditions.
En plus des conditions exigées des candidats notamment de ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation définitive à une peine privative de liberté pour crime ou délit, sauf pour les délits non intentionnels, de justifier de sa situation vis-à-vis de l’administration fiscale ou encore de ne pas être connu pour des liens avec des milieux financiers douteux ni pour une influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs et le bon déroulement du scrutin, les conditions relatives à la composition des listes, peuvent dissuader plus d’un.
Ainsi, selon le communiqué de l’ANIE, les listes doivent comporter au moins un tiers de candidates femmes. Mieux, la moitié des listes doit être composée de candidats de moins de 40 ans et un tiers des candidats de chaque liste doit avoir un niveau universitaire.
Aussi, l’ANIE a précisé dans son communiqué qu’à l’exception des partis ayant obtenu plus de 4 % des suffrages exprimés dans la circonscription électorale concernée lors des dernières législatives et ceux disposant d’au moins 10 élus dans la circonscription concernée, les autres listes doivent remplir d’autres conditions.
«Les partis ne remplissant pas ces conditions, ou participant pour la première fois, doivent appuyer leur liste par 150 signatures d’électeurs par siège à pourvoir », précise l’ANIE. Pour les listes indépendantes elles doivent également « être soutenues par 150 signatures d’électeurs de la circonscription pour chaque siège à pourvoir». Pour tout dossier de candidature précise encore l’ANIE et en sus des dossiers administratifs exigés pour chaque candidat, les partis ou les listes indépendantes doivent inclure leur programme de campagne électorale.
Pour rappel, les dernières législatives qui étaient initialement prévues pour l’année 2022 ont eu lieu le 12 juin 2021 de manière anticipée. Elles ont été marquées par un taux de participation de 23% et une victoire du Front de libération nationale (FLN) qui avait obtenu 98 sièges, suivi du MSP avec 65 députés et du RND (58).
Cette année, Même les partis ayant boycotté les législatives en 2021 à l’instar du RCD, du FFS et du PT ont décidé de prendre part au prochain scrutin. C’est dire l’engouement qu’il a suscité, l’Etat ayant promis des élections transparentes. Cependant, s’il sera difficile déjà pour beaucoup de passer l’écueil des listes, il en sera de même pour d’autres de convaincre un électorat souvent réticent.
S. Mekla
