La ministre allemande de l’Économie, Katrina Reiche, a appelé à sécuriser les approvisionnements en gaz de l’Allemagne en concluant des contrats de fourniture à long terme, soulignant la nécessité de diversifier les fournisseurs et les pays exportateurs.
Elle a annoncé que ces mesures sont désormais mises en œuvre, précisant que la société publique VNG lancera prochainement un appel d’offres pour des livraisons de gaz couvrant la période 2027-2036. Le gaz naturel liquéfié devrait être acheminé principalement vers des centrales dans le nord-ouest de l’Europe, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en France, selon l’agence de presse allemande DPA.
Interrogée sur les fournisseurs privilégiés, la ministre n’y est pas allée par quatre «pipelines» : l’Algérie constitue un partenaire clé et fiable, avec lequel Berlin entend élargir sa coopération, tout en reconnaissant que l’Azerbaïdjan pourrait jouer un rôle complémentaire, en fournissant des volumes supplémentaires via des gazoducs.
Bruxelles dépêche son envoyé «énergie»
L’Algérie et la Belgique ont signé, mardi dernier, deux accords liés, l’un visant la réadmission des personnes de nationalité algérienne qui se trouvent en séjour illégal en Belgique, l’autre prévoyant une exemption de visa pour les titulaires d’un passeport diplomatique et de service.
La signature a eu à l’occasion de la visite à Bruxelles du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, au cours de laquelle il s’est entretenu avec son homologue, Maxime Prévot.
Au-delà de ces deux accords, Maxime Prévot a mis en avant de nouvelles opportunités pour les entreprises belges, ainsi qu’un partenariat à creuser dans le domaine de l’énergie. A cet égard, il a annoncé la prochaine visite à Alger du ministre belge de l’Energie, Mathieu Bihet, tout en soulignant que «l’Algérie est le 4e fournisseur de gaz de l’Union européenne, et le deuxième par gazoduc».
«À l’invitation de l’Algérie, notre envoyé spécial énergie se rendra à Alger à la fin du mois prochain pour approfondir notre coopération dans les domaines de l’énergie, des énergies renouvelables et des ressources minières critiques», annonce un communiqué du ministère belge des Affaires étrangères. La même source ajoute que des «discussions sont en cours» pour un partenariat entre Sonatrach et John Cockerill dans le domaine de l’hydrogène.
Madrid mobilise CaixaBank
La première institution financière des Canaries, CaixaBank, détenue à 20% par l’État espagnol, a été mobilisée par les conseillers du Premier ministre espagnol Pedro président Sánchez pour optimiser l’approvisionnement énergétique.
Pour garantir davantage les voies d’approvisionnement en gaz et pétrole en provenance d’Algérie vers la péninsule ibérique, le gouvernement espagnol a utilisé sa position d’actionnaire majeur pour préparer les changements à venir chez Naturgy, notamment le départ de GIP-BlackRock du capital, permettant ainsi à Sonatrach (entièrement détenue par l’Algérie) et à CriteriaCaixa de renforcer leurs positions dans le secteur gazier.
La participation algérienne dans Naturgy (anciennement Gas Natural) représente 4% du capital, ouvrant la voie à ce que Sánchez «trouve un pont de dialogue» avec l’Algérie, selon des sources espagnoles proches du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), parti de Pedro Sanchez.
Smail Rouha
