Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, des incertitudes énergétiques et des pressions économiques, l’Algérie confirme sa capacité à s’imposer comme un partenaire stratégique incontournable pour l’Espagne.
En 2025, l’Algérie a repris et consolidé sa position de premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, selon les données officielles de l’opérateur du réseau gazier espagnol Enagás, relayées par plusieurs médias européens. Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, des incertitudes énergétiques et des pressions économiques, l’Algérie confirme sa capacité à s’imposer comme un partenaire stratégique incontournable pour l’Espagne.
Un retour durable
Les exportations algériennes vers l’Espagne ont atteint 128,504 térawattheures en 2025, soit entre 34,5% et 38,5% des importations espagnoles de gaz selon les méthodes de calcul. Cette performance permet à l’Algérie de conserver la première place pour la troisième année consécutive, après une brève interruption en 2022 où les États-Unis avaient pris l’avantage durant la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine.
Medgaz, l’atout décisif
Ce qui distingue l’Algérie, c’est la solidité de ses approvisionnements par gazoduc. Le gazoduc Medgaz, qui relie directement l’Algérie à l’Espagne, a transporté 107,179 térawattheures en 2025, soit plus de 80% des exportations algériennes. Les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) algérien ont atteint 21,325 térawattheures, en léger recul par rapport à 2024, sans affecter la position de l’Algérie.
Ce modèle hybride — gazoduc + GNL — offre un avantage concurrentiel important : l’Espagne peut compter sur des livraisons régulières et moins coûteuses, dans un marché où la stabilité prime sur les achats ponctuels.
Les États-Unis progressent… mais restent derrière
L’Espagne a enregistré en 2025 une hausse spectaculaire de ses importations de gaz américain liquéfié : +98 %, soit 111,660 térawattheures, représentant près de 30% des importations totales. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte politique marqué par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et les appels répétés à renforcer l’approvisionnement européen en gaz américain.
Pour autant, le GNL américain n’a pas réussi à détrôner l’Algérie. Le gaz par pipeline conserve un avantage majeur en termes de coût, de régularité et de sécurité d’approvisionnement, ce qui explique la persistance de l’Algérie en tête.
Le gaz russe en forte baisse
Les importations espagnoles de gaz russe ont chuté de 41 % en 2025, à 42,629 térawattheures, soit environ 11 % du total. Cette baisse s’inscrit dans la stratégie européenne de réduction de la dépendance à la Russie, malgré l’absence de sanctions directes sur le gaz, et dans le cadre des discussions européennes visant à interdire les importations russes avant 2028 (voire 2027).
Les livraisons de gaz qatari à l’Espagne ont également reculé, passant de 11,291 térawattheures en 2024 à 6,403 térawattheures en 2025. Cette baisse illustre la concurrence accrue sur le marché du GNL, où les fournisseurs proches géographiquement ou moins coûteux gagnent du terrain.
Une demande espagnole en hausse
L’Espagne a vu sa consommation de gaz augmenter de 6,3 % en 2025, atteignant 331,464 térawattheures. Cette hausse s’explique principalement par un recours accru au gaz pour la production d’électricité, dont la consommation a bondi de 33% pour atteindre 99,680 térawattheures.
Les exportations espagnoles de gaz ont également progressé de 17,4 %, à 40,5 térawattheures, portant les prélèvements totaux (consommation + exportations) à environ 372 térawattheures.
Baisse des stocks
Les réserves souterraines espagnoles ont terminé l’année 2025 à 68 % de remplissage, contre 83% fin 2024, en raison d’un rythme de consommation plus élevé, notamment pour la production électrique.
Un partenaire stratégique durable
Au final, l’Algérie ne se contente pas de retrouver sa place de principal fournisseur : elle confirme un rôle stratégique durable en Europe du Sud. La stabilité des livraisons via Medgaz, la capacité à maintenir sa part de marché face à la concurrence américaine et la baisse des fournisseurs traditionnels font de la relation énergétique algéro-espagnole un partenariat de long terme, fondé sur la fiabilité et l’intérêt mutuel
R.E
