A l’approche du mois sacré de Ramadan, les pouvoirs publics multiplient les réunions et les mesures pour encadrer le marché national. Mais sur le terrain, la flambée des prix, les pénuries récurrentes et le dysfonctionnement ans la distribution continuent d’alimenter l’inquiétude des consommateurs.
La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché nationale Amel Abdellatif, a présidé, lundi, une réunion de coordination avec les directeurs régionaux du commerce des régions d’Alger et de Blida, en présence des responsables locaux de plusieurs wilayas. Cette rencontre a permis d’évaluer la situation du marché, le niveau de la disponibilité des produits de large consommation et l’état de préparatifs en vue du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une forte pression sur la demande.
L’objectif affiché est clair, assurer un approvisionnement régulier, stabiliser les prix et préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Dans ce cadre, la ministre a insisté sur l’ouverture des marchés de proximité, présentés comme un levier essentiel pour rapprocher les produits des consommateurs et limiter les hausses excessives des prix.
Mêmes causes, mêmes effets
Amel Abdelatif a également appelé à un renforcement de la coordination entre les différents secteurs ministériels, à l’intensification des opérations de contrôle et à une vigilance permanente afin d’intervenir rapidement en cas de perturbation. Des mesures similaires avaient été mises en œuvre lors du Ramadan précédent, avec des résultats jugés encourageants par les autorités, notamment dans la lutte contre la spéculation. Pourtant, malgré ce dispositif reconduit d’année en année, les mêmes constats reviennent avec insistance.
Des prix toujours sous tension
Sur les marchés, la réalité contraste souvent avec les discours officiels. L’augmentation des prix de certains produits agroalimentaires demeure une préoccupation majeure pour les ménages. Fruits, légumes, viandes ou encore produits de base connaissent des variations parfois brutales, alimentant un sentiment d’impuissance chez les consommateurs, qui redoutent que ces hausses ne s’installent durablement tout au long du mois sacré.
A cela s’ajoutent des problèmes de disponibilité et des pénuries ponctuelles, qui favorisent la spéculation et accentuent la pression sur les prix, malgré les contrôles annoncés.
Autre difficulté récurrente : le manque de liquidités au niveau de certains circuits de distribution, qui complique l’approvisionnement régulier des marchés. Ces dysfonctionnements logistiques créent des déséquilibres entre l’offre et la demande, au détriment du consommateur final.
Surconsommation et gaspillage
Paradoxalement, cette période est aussi marquée par une surconsommation et un gaspillage alimentaire importants. Alors que l’État déploie des efforts pour réguler le marché et assurer la disponibilité des produits, une part non négligeable de denrées finit à la poubelle. Un phénomène qui soulève la question des comportements de consommation et de la nécessité d’une prise de conscience collective, en complément des mesures administratives.
Les consommateurs comptent sur une intervention efficace des autorités pour contenir les prix et garantir un marché équilibré. Mais l’expérience montre que les solutions ne peuvent être uniquement conjoncturelles. La répétition des mêmes problèmes à chaque Ramadan met en lumière des défis structurels plus profonds, liés à la production, à la distribution et aux habitudes de consommation.
A l’aube du mois sacré, la question reste posée : les mesures annoncées suffiront-elles à rompre avec ce cycle de tensions récurrentes, ou assistera-t-on, une fois encore, au même scénario d’un marché sous pression ?
K.Z.
