Dans un discours à la nation, le président de la République a réaffirmé les grandes orientations politiques, économiques, sociales et diplomatiques du pays.
Le dialogue national, incluant les différentes forces vives du pays et visant à élaborer ensemble un programme qu’adoptera l’État dans la prochaine étape, aura lieu juste après l’adoption par le Parlement de la nouvelle loi sur les partis politiques.
C’est ce qu’a révélé, hier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans son discours à la nation devant les deux chambres du Parlement réunies au Palais des Nations, Club des Pins (Alger).
«Nous nous sommes engagés à nous adresser, à travers vous, au vaillant peuple algérien, partant de la volonté politique de concrétiser rigoureusement les engagements pris, depuis que le peuple m’a honoré de sa confiance», a déclaré le chef de l’Etat. «Depuis cette tribune, je me suis engagé à mener un dialogue politique avec les partis. Je demeure attaché à ce dialogue, comme je l’ai expliqué aux responsables de partis que j’ai reçus», a réaffirmé le Président Tebboune, précisant que ce dialogue sera entamé «dès que le Parlement aura adopté la loi sur les partis». Après avoir souligné que ce dialogue sera «constructif», le président de la République a affirmé son engagement à «appliquer tout ce qui sera convenu avec les partis».
Le Président Tebboune avait appelé à un dialogue national inclusif dans son discours à l’issue de sa prestation de serment en tant que Président de la République pour un second mandat, en septembre 2024. Néanmoins, dans un entretien accordé aux médias nationaux, il a affirmé, à ce propos, que le lancement du dialogue national est «tributaire de la définition de ses modalités et formes d’organisation, afin de permettre à tous les acteurs de s’exprimer en vue de bâtir une République forte et démocratique».
Dans son discours, d’hier, le Président de la République a mis en avant la dynamique récemment observée au sein de l’institution parlementaire qui a su exercer pleinement ses prérogatives législatives, notamment à travers des lois majeures comme celles sur la nationalité et la criminalisation du colonialisme.
Il a réaffirmé que la satisfaction des intérêts du peuple demeure une priorité absolue de l’action publique, assurant que les difficultés ainsi que les tentatives de déstabilisation, qu’elles proviennent de l’intérieur ou de l’extérieur du pays, ne l’empêcheront pas d’assumer pleinement ses responsabilités. «Les réformes sont un processus continu pour consolider la bonne gouvernance, pour le peuple et avec le peuple», a-t-il insisté.
Maintien du caractère social de l’État
Par ailleurs, s’exprimant devant le Parlement réuni en session conjointe, en présence des membres du gouvernement, le Président a affirmé que sa fonction «n’est pas politicienne, mais pour le travail», soulignant que le soutien au pouvoir d’achat des citoyens reste une priorité.
Cette orientation sociale s’est traduite par des mesures concrètes : hausse des salaires, revalorisation du salaire de base minimum garanti, amélioration des allocations et pensions des retraités, ainsi que l’intégration de centaines de milliers de contractuels dans différents secteurs.
A cet égard, le chef de l’Etat a affirmé que l’Algérie ne renoncera pas au caractère social de l’État. «L’Algérie est un État social et nous n’abandonnerons pas cette orientation», a-t-il insisté, soulignant que le fondement de la proclamation de l’État algérien était la Proclamation du 1er Novembre 1954, «que nous ne remplacerons pas et qui restera unique».
Rappelant les sacrifices des valeureux martyrs qui ont posé les bases de cette Proclamation, pris les armes pour libérer la patrie et «édifier un État social et démocratique, fidèle à nos principes islamiques», le Président Tebboune a réitéré que «nous ne suspendrons pas l’aide sociale destinée au citoyen modeste, car c’est son droit». Et de mettre en avant, à ce propos, les différentes décisions prises et les programmes réalisés, touchant notamment les secteurs du logement, de l’éducation, de la santé et autres. «Il n’existe aucun État au monde doté d’une politique sociale comparable à celle de l’Algérie», a-t-il, encore, insisté.
Concilier justice sociale et stabilité financière
Dans ce contexte, le Président Tebboune a réitéré l’engagement de l’État à poursuivre la politique de la revalorisation des salaires jusqu’à atteindre 100 %, rappelant que les hausses appliquées au cours des dernières années avaient totalisé 47 % en deux étapes. Enfin, il a rappelé les efforts pour protéger le pouvoir d’achat, créer des emplois (82 000 postes prévus) et continuer à améliorer les conditions de vie des citoyens.
Selon lui, l’Algérie a transformé des défis passés en opportunités de développement, et les réussites sont l’œuvre de l’ensemble des citoyens et des institutions du pays.
Abdelmadjid Tebboune a insisté sur le fait que préserver le caractère social de l’État est un devoir, malgré les charges que cela impose au budget, et a indiqué que la durabilité de cette politique passera par la diversification de l’économie nationale et le soutien à l’investissement productif, afin de concilier justice sociale et stabilité financière. Dans ce sens, il a ordonné au Premier ministre d’entamer la réalisation de deux stations d’eau à Tindouf et Tamanrasset.
A l’affût de toutes les formes de corruption
Le Président de la République a rappelé que la justice demeure un pilier fondamental de l’État, affirmant que «la justice sera à l’affût de toutes les formes de corruption et de dysfonctionnement, tout en protégeant les cadres intègres».
Dénonçant les tentatives de déstabilisation et de manipulation de l’opinion, le Président de la République a souligné que «les méthodes de déstabilisation, d’extrémisme, d’insultes et de dénigrement ne permettront pas d’atteindre leurs objectifs.»
Quintupler la production de phosphate
L’Algérie a connu une intégration inédite dans la dynamique des investissements : 309 projets étrangers sont en cours, répondant à ceux qui prétendent que le pays est isolé. Le Président a souligné la baisse du taux d’inflation et le renforcement de l’économie nationale, tout en rendant hommage aux cadres et travailleurs algériens.
L’autosuffisance sanitaire
Parmi les succès économiques, il a cité le redressement industriel, la montée en puissance du secteur pharmaceutique avec plus de 80 % d’autosuffisance, et la création de 13 000 start-up, dont certaines jouissent d’une réputation internationale.
Au plan industriel, Tebboune a salué les performances de l’Agence nationale d’investissement et a présenté les résultats encourageants du secteur industriel et pharmaceutique.
Hausse du PIB industriel
La contribution de l’industrie au produit intérieur brut atteint actuellement 10 %, avec un objectif de 12 à 13 % dans les prochaines années. La couverture du marché national par les médicaments locaux atteint 82 %, permettant une économie estimée à 200 millions de dollars d’ici la fin 2025. Dans le secteur minier, le président a mis en avant le projet Gara Djebilet, qui deviendra le troisième plus grand gisement minier au monde.
Le premier train minier est attendu à Oran fin janvier. La production de phosphate sera multipliée par cinq, pour atteindre 10 millions de tonnes, avec un objectif d’acheminement vers Annaba d’ici la fin de l’année. A cela s’ajoute les grands progrès réalisés dans le secteur ferroviaire, symboles de la modernisation du pays.
Le défi de la viande rouge
Dans son discours, le Président Tebboune a salué la création de 15 000 exploitations agricoles, soulignant l’impact positif sur l’économie nationale. La technologie a désormais pénétré le secteur agricole, mais la production de viande reste un défi majeur que le gouvernement entend relever, a-t-il souligné. «Nous avons enregistré de grandes réussites, mais je vous confie notre échec dans la production de viandes de toutes sortes, ce qui soulève de nombreuses interrogations », a reconnu le chef de l’Etat.
L’espérance de vie en Algérie augmente grâce à la lutte contre les maladies et à un programme de vaccination efficace. Le Président a rappelé que le soutien au citoyen, notamment à travers l’éducation gratuite, l’eau, l’électricité et le logement, continue d’être une priorité. Depuis le début du premier mandat, 1,7 million de logements ont été construits.
Quiconque touche à la Tunisie touche à l’Algérie
Concernant les relations internationales, Tebboune a dénoncé les campagnes de désinformation visant à semer la discorde entre l’Algérie et la Tunisie.
Le Président Tebboune a, à cet égard, réitéré la position constante de l’Algérie consistant à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures tunisiennes, précisant que l’Algérie s’interdit toute forme d’intervention dans les affaires internes de la Tunisie. Insistant sur la solidité des relations algéro-tunisiennes, il a souligné que « la sécurité de l’Algérie s’étend à la Tunisie et la sécurité de la Tunisie s’étend à l’Algérie. Nous ne nous sommes jamais immiscés dans les affaires intérieures de la Tunisie sœur».
« Le président Kaïs Saïed n’est ni pas un normalisateur, et quiconque touche à la Tunisie touche à l’Algérie», a mis en garde le président de la République.
Sur la Palestine, le chef de l’Etat a été catégorique. «Nous resterons fermes sur notre position concernant la Palestine, nous ne changerons pas», indiquant, par ailleurs, et concernant la région, que «la solution en Libye ne peut être que celle issue des fils d’une même patrie».
Synthèse Badis B.
