Abdelaziz Rahabi a ciblé trois personnalités françaises, Hubert Védrine, Édouard Philippe, et Xavier Driencourt, qu’il accuse de raviver l’instinct colonial en défendant des positions controversées.
L’ancien diplomate et personnalité politique nationale, Abdelaziz Rahabi, a récemment exprimé sa ferme désapprobation envers les déclarations de plusieurs figures politiques françaises sur des sujets liés à l’histoire coloniale et aux relations franco-algériennes.
Sur sa page officielle Facebook, Rahabi a ciblé trois personnalités françaises, Hubert Védrine, Édouard Philippe, et Xavier Driencourt, qu’il accuse de raviver l’instinct colonial en défendant des positions controversées.
Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, a récemment déclaré à Genève que la France «n’acceptera jamais une république sahraouie dans la région», estimant que cela couperait la ligne «ombilicale de la francophonie», une expression qui relie symboliquement la langue française de Tanger au Maroc à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire.
Védrine justifie sa position en la présentant comme une défense de la francophonie, tout en ignorant les aspirations politiques des peuples concernés, notamment le Sahara occidental. De son côté, Édouard Philippe, ancien Premier ministre français, a récemment affirmé que «le colonialisme n’était pas un crime».
Une déclaration jugée choquante et polémique, notamment en Algérie, où le colonialisme a laissé des cicatrices profondes et durables. Ce genre de propos est perçu comme une tentative de réécrire l’histoire en minimisant la gravité des crimes commis pendant la période coloniale, et ce malgré la reconnaissance partielle de ces crimes par la France à travers des déclarations et des gestes symboliques. Enfin, Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France à Alger, a récemment relancé le débat sur la question de l’indépendance de la Kabylie.
Lors d’une intervention publique, Driencourt a réclamé «l’indépendance de la Kabylie», un discours qui a fait écho aux revendications séparatistes, sujet qui a pris de l’ampleur en France avec la question des OQTF (obligations de quitter le territoire français) et des discussions sur les voiles.
Pour Rahabi, cette prise de position intervient dans un contexte où la France semble traiter les questions internes algériennes comme des enjeux politiques français, et ce, au détriment des relations diplomatiques entre les deux pays.
Impact sur l’image de l’Algérie
Ces positions convergentes ont une importance capitale à l’approche des élections présidentielles françaises.
Les trois hommes, issus de différents bords politiques, véhiculent des discours qui, selon Rahabi, relèvent davantage d’une «anthropologie coloniale», une vision dépassée de l’histoire qui tente de maintenir des rapports de domination, bien que l’époque coloniale soit révolue depuis des décennies.
Rahabi souligne que ces discours, loin d’être des positions isolées, pourraient avoir un impact direct sur l’image de l’Algérie, sa communauté, et ses intérêts diplomatiques.
L’Algérie, pour Rahabi, n’est pas seule face à ce retour d’un discours colonial. Ces propos ne font qu’entretenir la «rente mémorielle» du colonisateur, qui refuse de reconnaître les souffrances infligées à un peuple et qui persiste à imposer une vision du passé marquée par l’arrogance et la domination. Rahabi pose ainsi une question essentielle : qui fait un usage politique de cette «rente mémorielle» ?
Est-ce le colonisateur, qui continue de défendre ses intérêts et ses conceptions du monde, ou les victimes, qui portent encore les séquelles d’une histoire d’extermination et de résistance héroïque ? La question reste ouverte, mais elle souligne l’importance d’une révision honnête et complète de l’histoire coloniale et de ses conséquences sur les relations franco-algériennes.
A.M.
