Le mouvement séparatiste du MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie), qui revendique l’indépendance de la région de Kabylie, est au cœur d’une polémique grandissante.
Accusé de mener des actions illégales, ce mouvement attire les critiques des autorités algériennes ainsi que de nombreux acteurs politiques. Le débat s’intensifie sur ses activités, son statut juridique et son soutien extérieur, alors que l’Algérie se trouve face à un défi majeur qui pourrait perturber l’unité du pays.
Hacène Kacimi, expert en géopolitique et en sécurité, a récemment abordé la question du MAK dans une interview sur la radio nationale. Selon lui, le MAK est une organisation initialement enregistrée en France sous le statut d’association «non politique».
Toutefois, cette qualification semble contredite par les actions du mouvement. «Le MAK se comporte aujourd’hui comme un parti politique et, pire encore, il s’est doté d’un gouvernement provisoire, ce qui constitue une violation flagrante de la législation française», a-t-il dénoncé.
L’expert rappelle que, selon la loi française, les associations ne sont pas autorisées à mener des activités politiques ou à se doter d’un gouvernement, ce qui place le MAK en infraction.
Kacimi a également critiqué le traitement différencié réservé par les autorités françaises aux différentes associations. En effet, des groupes soupçonnés de liens avec la Palestine ont été dissous par le ministère français de l’Intérieur, mais le MAK, qui agit comme un parti politique, continue de bénéficier d’une certaine tolérance.
L’expert évoque une protection implicite de la part des autorités françaises, suggérant une forme d’inégalité de traitement face à des organisations politiques non reconnues.
Une volonté de déstabiliser l’Algérie
Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), a pris position contre le MAK en affirmant que le mouvement est un «groupe étranger à l’Algérie».
Selon elle, le MAK serait soutenu par des puissances étrangères telles qu’Israël, les Émirats et le Maroc, des États qui, selon Hanoune, cherchent à déstabiliser l’Algérie.
Le projet de créer un «État kabyle» s’inscrirait, d’après elle, dans le cadre du plan géopolitique du «Grand et Nouveau Moyen-Orient», qui viserait à démanteler les États-nations de «l’Asie centrale à la Mauritanie». Cette analyse met en lumière une crainte croissante des intentions étrangères vis-à-vis de la stabilité de l’Algérie.
Hanoune a insisté sur le fait que le MAK ne dispose d’aucun soutien populaire réel, ni en Algérie ni spécifiquement en Kabylie. Pour elle, la montée en puissance de ce mouvement relève d’une tentative de faire pression sur l’État algérien en vue d’obtenir des concessions économiques, diplomatiques et militaires. Elle a mis en garde contre la banalisation du projet du MAK, qu’elle qualifie de dangereux et sans fondement juridique.
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a également exprimé son rejet catégorique du MAK, qualifiant ses actions de «dérives dangereuses». Dans un communiqué officiel, le MSP a dénoncé les appels à l’indépendance de la Kabylie, soulignant qu’ils servent des intérêts étrangers hostiles à l’Algérie. Le mouvement considère ces initiatives comme une tentative de fragiliser l’unité nationale et de diviser le pays.
Le MSP a insisté sur le fait que les habitants de la Kabylie, loin de soutenir ce projet séparatiste, demeurent attachés à l’Algérie, dont la Kabylie est une composante essentielle et indivisible.
Le MSP a également averti que ces manœuvres séparatistes représentent une atteinte directe au «contrat social national» et un danger pour la stabilité de l’Algérie. Selon le mouvement, ces tentatives de fragmentation pourraient déstabiliser l’ensemble du pays, mettant en péril l’intégrité territoriale et la paix sociale.
Islam K.
