A l’occasion de la commémoration du 65ᵉ anniversaire des manifestations historiques du 11 décembre 1960, le professeur Idriss Attia, spécialiste en sciences politiques, relations internationales et questions géopolitiques, a livré hier, sur les ondes de la Chaîne 1 de la Radio nationale, dans l’émission «L’Invité du matin», une analyse approfondie sur les enjeux de la mémoire nationale dans un contexte marqué par l’intensification des guerres informationnelles.
D’emblée, le professeur Attia a rappelé que l’histoire de l’Algérie constitue un véritable «capital en or », un socle essentiel pour l’identité nationale et la légitimité de l’État. S’appuyant sur l’éditorial du dernier numéro de la Revue de l’Armée «El Djeich», il a réaffirmé l’importance des trois piliers fondamentaux de la politique mémorielle : la sacralité de l’histoire, le rejet total des tentatives de manipulation et la protection de l’unité nationale. Selon lui, l’histoire est devenue un pilier de la sécurité nationale, dépassant largement le simple récit du passé : « Aujourd’hui, l’histoire est une ressource stratégique au service de l’État moderne «, a-t-il souligné.
Les jeunes, cible des campagnes de manipulation
Dans son intervention, le professeur Attia a mis en garde contre les guerres de cinquième génération, qui cherchent à fragiliser les sociétés en s’attaquant directement à leurs fondements historiques.
Il a insisté sur la prolifération de «récits alternatifs » et de «contenus manipulés» diffusés via les réseaux sociaux, visant particulièrement les jeunes générations. «L’objectif n’est pas de réécrire l’histoire, mais de rompre le lien entre l’État et le citoyen», a-t-il averti, déplorant les attaques répétées contre les symboles révolutionnaires et la mémoire des martyrs.
La mémoire rempart de cohésion nationale
L’invité de la Radio nationale a rappelé que l’Algérie dispose d’une mémoire nationale authentique, bâtie sur des faits avérés et des sacrifices historiques. Il appelle à consolider cette mémoire au sein de l’école, des programmes éducatifs et des actions culturelles, afin d’immuniser les jeunes contre les tentatives de déstabilisation.
Il a également souligné que la liberté d’expression a ses limites. «Elle ne doit jamais devenir un prétexte pour s’attaquer aux constantes nationales ou affaiblir la légitimité morale de l’État», a-t-il insisté allusion sans doute aux multiples attaques contre les symboles de l’Etat enregistrées récemment à travers plusieurs canaux de communication. Pour lui, la diversité culturelle algérienne constitue une véritable force, renforçant la résilience et l’unité du peuple.
Institutions, école et diaspora : une synergie nécessaire
Parmi les remparts essentiels face aux attaques informationnelles, le professeur Attia cite l’Armée Nationale Populaire, l’école algérienne, les institutions de l’État et un peuple «digne et conscient de son histoire».
Il a également évoqué le rôle structurant de la communauté nationale à l’étranger, rappelant que chaque Algérien vivant à l’étranger est «un ambassadeur de la mémoire et de l’identité nationales», malgré les tentatives hostiles de certains groupes visant à influencer les communautés émigrées.
Une Algérie en progrès qui dérange
Abordant le contexte socio-économique, le professeur Attia a estimé que l’Algérie bénéficie aujourd’hui d’une légitimité d’accomplissement, soutenue par des indicateurs économiques positifs reconnus par des institutions internationales telles que la Banque mondiale.
Ces avancées, selon lui, expliquent en partie le regain des attaques informationnelles visant les symboles nationaux. «Les forces hostiles ciblent davantage les pays qui avancent et qui se stabilisent», relève-t-il. A la veille de cette date historique du 11 décembre 1960, l’invité de la Chaine 1 a appelé à transformer la mémoire nationale en véritable doctrine collective, mobilisant acteurs politiques, institutions et société civile. «L’Algérie reste unie face à toute tentative visant sa souveraineté. Notre victoire n’est pas négociable : elle est écrite du sang des martyrs», a-t-il conclu.
K.Z.
