Lors des débats autour du projet de loi relatif aux services de confiance et à l’identification électronique, plusieurs députés ont salué un texte stratégique pour la souveraineté numérique du pays, tout en formulant des réserves et propositions pour combler certaines lacunes.
Dans son intervention, le député Riad Hannachi a qualifié le projet de loi de «l’un des textes les plus stratégiques» pour l’édification de la nouvelle Algérie.
Selon lui, il s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République visant à ériger un État moderne et numérisé.
Hannachi a souligné que le texte ne constitue pas simplement une réglementation technique, mais un véritable socle de souveraineté permettant d’unifier l’identité numérique, de sécuriser les transactions électroniques et de protéger citoyens et institutions contre la fraude et la cybercriminalité.
Il a également mis en avant son impact sur la lutte contre la bureaucratie, la transparence administrative et la création d’un environnement économique attractif fondé sur la confiance numérique.
Il a toutefois estimé que certaines questions demeurent insuffisamment traitées, notamment la clarification des prérogatives entre les différentes autorités impliquées dans la protection des données et la cyber sécurité, ou encore les garanties liées au traitement et à la conservation des données sensibles. Il a aussi exprimé des inquiétudes concernant la capacité des petites entreprises à supporter les exigences technologiques du futur dispositif, jugeant nécessaire un accompagnement adapté.
Le député Messaoud Zerfaoui a, pour sa part, salué les objectifs majeurs du texte, en particulier le renforcement de la sécurité juridique et la lutte contre le faux et l’usurpation d’identité dans l’espace numérique.
Mais dans son intervention, il a surtout mis en avant plusieurs faiblesses susceptibles, selon lui, d’entraver l’efficacité du dispositif. Zerfaoui a regretté l’imprécision de certaines définitions techniques, un manque de clarté qui pourrait entraîner des interprétations divergentes et fragiliser l’application de la loi.
Il a également attiré l’attention sur les risques liés à la centralisation des données sensibles qui, en l’absence de garanties plus strictes, pourrait exposer les citoyens à des dérives, à des fuites d’information ou à une utilisation abusive des identités numériques.
Il a mis en garde contre une concentration excessive des pouvoirs entre les mains d’une seule autorité, ce qui pourrait engendrer lourdeurs bureaucratiques et obstacles à l’entrée de nouveaux opérateurs. Pour lui, la protection de l’utilisateur final demeure insuffisamment développée, tout comme l’articulation du texte avec les lois existantes en matière de protection des données, de cybersécurité ou de procédures judiciaires.
Zerfaoui a enfin rappelé la nécessité d’éviter toute forme d’exclusion numérique, estimant que le texte ne prend pas suffisamment en compte les personnes âgées, les citoyens peu familiarisés avec les outils technologiques ou encore les régions faiblement connectées. Dans une intervention plus centrée sur l’aspect opérationnel, le député Zine El Abidine Saïdani a qualifié ce projet de loi de «texte souverain» capable de poser les fondations d’un espace numérique sécurisé, fiable et juridiquement reconnu.
Il a insisté sur l’importance de renforcer la confiance des citoyens dans les services numériques publics et économiques, condition indispensable à la réussite de la transformation digitale.
Toutefois, Saïdani a mis en garde contre l’illusion d’une réforme qui se suffirait à elle-même : selon lui, un texte, aussi avancé soit-il, reste vide de sens s’il n’est pas accompagné d’une véritable modernisation des infrastructures et d’un effort massif de formation des fonctionnaires et des encadreurs.
Il a également appelé à une intensification des actions de sensibilisation destinées aux citoyens et aux opérateurs économiques, estimant que la transition numérique ne peut réussir que si chacun se sent en confiance et perçoit les nouveaux services comme plus efficaces, plus rapides et plus sécurisés que les démarches traditionnelles.
IS. K.
