L’AIEA projette de fournir à l’Algérie une étude sur l’utilisation pacifique du nucléaire.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) compte fournir pour le compte de l’Algérie une étude portant sur le développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire dans les domaines de la production d’électricité, de la santé, du dessalement de l’eau de mer et de l’agriculture, a indiqué, hier, un communiqué des Affaires étrangères à l’issue d’un entretien en visioconférence entre le ministre d’État, Ahmed Attaf et le DG de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi.
Depuis 2021, l’Algérie ne cesse de multiplier les initiatives en faveur du développement du nucléaire civil, notamment dans le domaine de la recherche médicale et la production énergétique.
Ainsi, après des accords stratégiques passés avec les Chinois et les Russes dans ce secteur sensible, l’Algérie vient de passer à la vitesse supérieure, en paraphant un accord stratégique avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Selon le ministère, cette déclaration vise à «renforcer l’assistance technique fournie par l’AIEA à l’Algérie», notamment à travers la réalisation d’une «étude portant sur le développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire dans les domaines de la production d’électricité, de la santé, du dessalement de l’eau de mer et de l’agriculture».
Celui-ci a précisé que ces entretiens s’inscrivent dans le cadre du «suivi de la mise en œuvre des accords conclus» entre les deux parties lors de la visite officielle effectuée par le DG de l’AIEA en Algérie au cours du mois d’octobre dernier.
Le communiqué ajoute qu’à l’issue de ces discussions, les deux parties ont signé une «déclaration conjointe sur la coopération entre l’Algérie et l’Agence dans le domaine des usages pacifiques des sciences et technologies nucléaires».
Une vision partagée
Le DG de l’AIEA a effectué le 20 octobre dernier, une visite officielle en Algérie destinée au renforcement de la coopération algéro-AIEA pour les applications pacifiques de l’énergie nucléaire (santé, agriculture, ressources en eau, énergies renouvelables).
Il a notamment visité le centre de recherche nucléaire de Draria (NUR) pour discuter et renforcer la coopération algéro-AIEA sur les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, notamment en santé et agriculture.
Sur place, le DG de l’AIEA a eu droit à une présentation du réacteur de recherche et de ses utilisations.
La visite a débuté par une présentation générale retraçant l’historique de la réalisation du réacteur de recherche nucléaire NUR, suivie d’une visite technique au niveau du hall du réacteur où des explications techniques lui ont été fournies et des informations concernant les différentes utilisations du réacteur, notamment dans les domaines, de la recherche scientifique et de la formation.
L’accent a été mis sur les efforts constants déployés par l’équipe d’exploitation du réacteur pour assurer un fonctionnement optimal de l’installation, dans le strict respect des normes internationales de sûreté.
La visite s’est achevée dans un climat marqué par l’intérêt soutenu du directeur général de l’AIEA et la volonté commune de renforcer la coopération dans le domaine de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire pour le développement socio-économique.
Le DG de l’AIEA a eu droit à une communication sur le partage d’expertise algérienne avec les pays africains, le développement de la médecine nucléaire avec le soutien de l’AIEA aux programmes de formation algériens.
Cette visite s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’Algérie envers l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, tel que stipulé dans le traité de non-prolifération nucléaire qu’elle a signé en 1995.
Une solution pour diversifier le mix énergétique
En 2022, l’Algérie a, lors de la 66ème session, rappelé notamment l’attachement de l’Algérie au cadre juridique international et régional de désarmement et de non-prolifération, dont le Traité de Pelindaba.
Le programme nucléaire de l’Algérie est lancé en 1981 avec l’aide de l’Argentine, puis de la République populaire de Chine.
En 1983, l’Algérie signe un accord avec la Chine pour la fourniture d’un réacteur nucléaire de 15 mégawatts thermiques, du nom d’Es-Salaam, qui est construit à la fin des années 1980 sur le site d’Aïn Oussera.
En 2008, l’Algérie a envisagé de construire une centrale nucléaire pour produire de l’électricité, en coopération avec la Chine et la Russie.
Le nucléaire est vu comme une solution pour diversifier son mix énergétique face à une demande croissante et réduire la dépendance aux fossiles.
L’Algérie développe ses capacités humaines et réglementaires via le COMENA (Commissariat à l’énergie atomique) et forme des spécialistes, tout en restant engagée dans les traités internationaux de non-prolifération.
En mars dernier, le délégué permanent de l’Algérie à Vienne, l’ambassadeur Larbi Latroche, a affirmé lors de sa participation aux travaux de la session ordinaire du Conseil des commissaires de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le droit «inhérent et inaliénable» à une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.
M.T
