La lutte contre la corruption est devenue une priorité nationale, dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance sont perçues comme les clés du développement durable et de la consolidation de la démocratie.
À cet égard, la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC), dirigée par Salima Mesrati, joue un rôle central.
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption, célébrée le 9 décembre de chaque année, l’Autorité a mis en lumière ses actions et ses projets visant à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques à travers l’intégration des technologies numériques et l’implication de tous les acteurs institutionnels et de la société civile.
Le paysage de la lutte contre la corruption en Algérie a évolué ces dernières années avec la mise en place d’une véritable feuille de route, axée sur l’intégration de la numérisation.
Lors de son passage au Forum de la chaîne 1 de la Radio nationale, Salima Mesrati a souligné que l’engagement des secteurs ministériels et des institutions publiques dans le processus de digitalisation est désormais un élément clé pour atteindre les objectifs de transparence.
En effet, la mise en place de systèmes numériques intégrés permet non seulement de rationaliser les processus administratifs, mais aussi de garantir une meilleure gestion des ressources publiques, réduisant ainsi les risques de détournement de fonds ou de favoritisme.
L’Autorité a ainsi lancé plusieurs plateformes numériques, telles que « Balaghna », créée en 2023, permettant aux citoyens de signaler en toute confidentialité des cas de corruption ou de mauvaise gestion des fonds publics.
En 2025, plus de 1540 signalements ont été enregistrés à travers cette plateforme, un chiffre qui témoigne de l’adhésion croissante des citoyens à cette démarche de transparence.
Ce processus participatif, qui inclut les citoyens dans la lutte contre la corruption, est un indicateur de l’évolution de la gouvernance en Algérie, où l’engagement citoyen devient un levier important pour le changement.
De plus, la plateforme « Naracom» permet aux acteurs de la société civile de jouer un rôle actif en signalant les cas de corruption, tout en garantissant leur sécurité et confidentialité.
Ces initiatives numériques s’inscrivent dans une stratégie globale visant à encourager la transparence et à impliquer chaque acteur public et privé dans le processus de gouvernance.
Bataille sur tous les fronts
La lutte contre la corruption en Algérie ne se limite pas à la numérisation.
Selon Salima Mesrati, la prévention passe aussi par une large campagne de sensibilisation, notamment auprès des jeunes et des universitaires.
L’Autorité organise des ateliers et des séminaires pour promouvoir une culture de transparence et d’éthique.
En 2025, des formations ont été dispensées aux fonctionnaires publics pour les aider à mettre en œuvre la stratégie de lutte contre la corruption, y compris la création de «cartes des risques de corruption» pour chaque secteur.
Un autre volet important est l’élaboration d’un code de conduite pour encadrer le comportement des fonctionnaires publics.
Ce code, signé par tous les employés publics, inclut des sanctions en cas de manquement, garantissant ainsi une meilleure éthique professionnelle et la prévention des dérives.
La lutte contre la corruption en Algérie repose sur une approche intégrée, combinant prévention et répression.
L’Autorité supérieure pour la transparence a développé un indicateur national de performance et d’intégrité, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement, afin de mesurer la transparence et la performance des institutions publiques.
Cet indicateur a été testé dans cinq communes, avec des résultats positifs pour la mise en œuvre des pratiques de transparence au niveau local.
Parallèlement, l’Autorité met en place des mécanismes de contrôle, notamment la déclaration de patrimoine des fonctionnaires publics et des élus. Ce dispositif permet de détecter des augmentations suspectes de biens, déclenchant des enquêtes et des actions judiciaires si nécessaire.
En 2025, plusieurs enquêtes ont été ouvertes suite à des anomalies de patrimoine, et des mesures disciplinaires ont été prises, prouvant l’efficacité du système dans la lutte contre la corruption.
A.M.
