Le débat sur le projet de loi de finances (PLF) 2025 se poursuit à l’Assemblée
Populaire Nationale (APN) après deux journées d’échanges entre les députés et le
gouvernement. Si des interventions ont salué la volonté de soutenir le pouvoir
d’achat et de stimuler l’investissement, d’autres élus ont attiré l’attention sur le déficit
budgétaire.
Le député Hichem Benhaddad du Mouvement de la société pour la paix
(MSP) a dressé un constat particulièrement critique de la situation budgétaire. « Il
est inconcevable de parler d’un équilibre budgétaire relatif dans le cadre du PLF
2026 alors que nous enregistrons un déficit historique de 9 627 milliards de
dinars, soit 54,58 % du total des dépenses », a-t-il déclaré.
Selon lui, le recours massif à l’endettement — qui financerait près de la moitié du
budget — traduit « l’incapacité à mobiliser des ressources publiques suffisantes ».
Le parlementaire a averti qu’une telle dérive constituait « un grave dérapage par
rapport au principe de soutenabilité financière consacré par la loi organique 15-18
relative à la loi de finance».
Autre point soulevé par le même député : le rôle du Fonds de régulation des recettes
(FRR). Le député a rappelé qu’à la fin décembre 2024, le solde de ce fonds ne s’élevait plus qu’à 0,01 dinar, « une somme purement symbolique ».
« Cela signifie que l’État a perdu son principal amortisseur financier face aux
fluctuations des prix du pétrole », a-t-il déploré, tout en interrogeant le
gouvernement sur les causes de cette situation et l’absence d’un mécanisme
alternatif.
Des soutiens prudents au projet de loi
De son côté, le député Riyad Hannachi (FLN) a salué les « orientations positives »
du texte, notamment la préservation du pouvoir d’achat, la régulation des prix
des produits de base et la poursuite du soutien ciblé aux ménages à revenu
Limité, ainsi qu’à l’investissement, l’intégration progressive du secteur
informel et l’élargissement de l’assiette fiscale. Il a plaidé pour un Conseil national de prévision financière, chargé d’anticiper les crises et d’ajuster les politiques économiques, ainsi que pour une numérisation accrue du système fiscal, via une plateforme nationale unifiée reliant douanes, impôts et registre du commerce.
Tandis que Seddik Bakhouch (FLN) a mis l’accent sur le développement des industries pétrochimiques, qui permettraient de compenser la baisse
des recettes pétrolières par une diversification des sources fiscales.
I. K.
