Le secteur des travaux publics bénéficiera d’autorisations d’engagement d’un montant de 420,3 milliards de dinars, destinées à la mise en œuvre de nombreux projets structurants couvrant les routes, les ouvrages d’art, les ports, les aéroports et les chemins de fer.
C’est ce qu’a indiqué le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, mardi, devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), où il a présenté les grandes orientations budgétaires et stratégiques de son département dans le cadre du projet de loi de finances 2026.
Lors de son intervention, le ministre Djellaoui a précisé que le plan sectoriel 2026–2028 repose sur une nouvelle approche de gestion optimisée des ressources, visant la modernisation du réseau routier national et le renforcement des infrastructures de transport, tout en maintenant un rythme de réalisation soutenu par rapport à 2025.
Plus de 440 opérations seront lancées dès 2026, couvrant l’ensemble des domaines relevant des travaux publics et des infrastructures de base. Parmi les priorités annoncées figurent : la sécurisation du réseau routier et autoroutier, la réhabilitation des ports et aéroports, la mise à niveau du réseau ferroviaire, notamment sur l’axe Nord–Sud, ainsi que la mise à jour du schéma directeur des routes pour une meilleure planification du développement territorial.
Un budget colossal
Le ministre a ajouté que le secteur disposera en 2026 de 889,8 milliards de dinars en crédits de paiement, destinés à maintenir le rythme des chantiers en cours et à financer de nouveaux projets.
Dans le détail, 392,761 milliards de dinars seront consacrés aux investissements publics, tandis que 27,539 milliards seront alloués aux dépenses de fonctionnement. Le sous-secteur des travaux publics absorbera la plus grande part, soit 335,383 milliards de dinars, couvrant la mise à niveau et le doublement des routes nationales, la construction de nouvelles routes et ouvrages d’art, la réalisation de routes de contournement, ainsi que le développement d’une application numérique pour le suivi de la dégradation des routes — une première dans la gestion du réseau routier national.
Des programmes ciblés
Concernant les infrastructures aéroportuaires, 4,240 milliards de dinars sont prévus pour plusieurs projets : l’extension des parkings avions des aéroports de Béjaïa et Constantine, l’agrandissement d’un ouvrage technique à l’aéroport de Tébessa, ainsi que la réalisation d’études techniques dans divers aéroports du pays.
Par ailleurs, 40 opérations d’entretien et de renforcement, d’un montant global de 3,709 milliards de dinars, concerneront les aéroports de Constantine, El Menea et Tlemcen. Dans le domaine portuaire et maritime, 48 nouvelles opérations seront lancées, notamment pour le dragage, l’entretien, la protection et la réhabilitation de la façade maritime à l’est d’Alger.
Le secteur ferroviaire bénéficiera, quant à lui, de 10 nouvelles opérations pour une valeur totale de 57,379 milliards de dinars, incluant le renouvellement de 200 km de voies ferrées.
Des préoccupations exprimées
À l’issue de la présentation du ministre, les membres de la Commission des finances ont salué la cohérence du programme, tout en soulevant plusieurs préoccupations. Ils ont notamment insisté sur la capacité du budget à répondre aux standards internationaux en matière d’infrastructures, sur la nécessité d’accélérer la réalisation des grands projets de transport, notamment portuaires et ferroviaires, et sur l’urgence d’achever les tronçons d’autoroutes en retard, en particulier sur les axes Est et Ouest. Les députés ont également mis l’accent sur la priorité à l’entretien des infrastructures existantes, considérées comme des investissements durables.
Certains élus ont évoqué des demandes locales précises, telles que le doublement de la route nationale n°03 entre Touggourt et Ouargla, la construction d’une route reliant El-Mrara à Bir El-Rakhm (wilaya d’Ouled Djellal), et la création d’une route de contournement de 10 km pour désengorger Sidi Bel Abbès.
Le ministre Djellaoui a réaffirmé l’importance d’une approche participative, associant collectivités locales et société civile, afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des dépenses publiques. De son côté, le président de la Commission a rappelé que le secteur des travaux publics constitue un levier essentiel du développement national, contribuant directement à l’amélioration des conditions de vie, à la circulation des biens et des personnes, et à l’attractivité économique du pays.
Islam K.
