Le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, a annoncé, lundi, que son département bénéficierait d’un budget conséquent de plus de 370 milliards de dinars en autorisations d’engagement et de près de 531 milliards de dinars en crédits de paiement dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2026. Ces enveloppes seront consacrées au financement des projets liés à l’irrigation, à la sécurité hydrique, à l’approvisionnement en eau potable et industrielle, ainsi qu’à la réhabilitation des infrastructures hydrauliques, selon un communiqué de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Cette déclaration a été faite lors d’une séance d’audition devant la Commission des finances et du budget de l’APN, présidée par Mohamed Benhachem et tenue en présence de la ministre des Relations avec le Parlement. À cette occasion, le président de la commission a rappelé que le secteur de l’irrigation figure parmi les plus vitaux pour l’Algérie, en raison de son impact direct sur la sécurité alimentaire et le développement durable. Il a également souligné les défis auxquels ce secteur fait face, notamment la nécessité de renforcer la bonne gouvernance, de moderniser les réseaux d’irrigation, d’entretenir les barrages et de promouvoir la coopération intersectorielle pour garantir la durabilité des projets hydriques.
Dans sa présentation, Taha Derbal a précisé que le PLF 2026 s’inscrit dans la continuité du plan sectoriel engagé ces dernières années, tout en intégrant de nouveaux projets et des réévaluations pour les opérations les plus avancées. «Une enveloppe globale de 370,3 milliards de dinars a été allouée au titre des autorisations de programme, marquant une hausse de 19 % par rapport à 2025, tandis que les crédits de paiement atteignent 530,9 milliards de dinars, soit une augmentation de 65 %», a-t-il indiqué. Le ministre a ajouté que les réévaluations d’opérations s’élèvent à 284,5 milliards de dinars, représentant 77 % des autorisations d’engagement du ministère.
Le programme 2026 met un accent particulier sur la mobilisation des ressources hydriques et la sécurité de l’eau. Pas moins de 67 nouvelles opérations, pour un montant dépassant 43 milliards de dinars, y sont prévues, en plus de 8 réévaluations d’opérations déjà en cours pour près d’un milliard de dinars. Dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable et industrielle, le PLF prévoit 187 nouveaux projets, représentant plus de 113 milliards de dinars, ainsi que la réévaluation de 27 opérations pour un montant supérieur à 44 milliards de dinars.
Appel à une meilleure gouvernance
À l’issue de la présentation du ministre, les membres de la commission ont salué les efforts budgétaires consentis mais ont exprimé plusieurs préoccupations concernant la gestion et la distribution de l’eau. Les députés ont insisté sur la nécessité d’accélérer la construction de nouvelles stations de dessalement, de développer les réseaux de transfert et de veiller à l’entretien des infrastructures existantes. Ils ont également rappelé l’importance de garantir une utilisation rationnelle des ressources hydriques, dans un contexte marqué par le stress hydrique et le changement climatique.
Parmi les priorités évoquées figurent la préservation de la qualité de l’eau, la protection des cours d’eau, le traitement des eaux usées et la prévention des maladies hydriques, en lien avec la santé publique et la durabilité environnementale. Certains députés ont également attiré l’attention sur des problèmes locaux persistants, notamment le manque d’eau potable dans certaines communes, le retard de raccordement aux stations d’épuration, ou encore le soutien insuffisant aux agriculteurs confrontés à la raréfaction de l’eau d’irrigation.
Ce débat parlementaire met ainsi en lumière la centralité du secteur de l’hydraulique dans les politiques publiques à venir. Si le gouvernement affiche une volonté claire de renforcer la sécurité hydrique nationale à travers un effort budgétaire soutenu, la réussite de ce plan dépendra de la capacité des institutions à traduire ces investissements en résultats concrets sur le terrain, notamment dans les régions les plus touchées par la pénurie d’eau.
K.Z.
